Break the Control

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Lyle A. Darling
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Humeur : « Forgive me. »

MessageSujet: Break the Control   Dim 5 Aoû - 21:39


Prologue

Elle sort de sa petite maison bourgeoise, prenant soin de ne faire aucun bruit en refermant la lourde porte, dans les vieux quartiers de la ville endormie. Elle marche tête baissée, jusqu'à la place de la grande ville complétement vide, pourtant si animée le jour et tellement bruyante. Vérifiant comme à chaque fois le manque de présences d'une quelconque forme de vie, elle remarque avec soulagement que les rues sont désertes, et que la voie est libre. Prudente, la jeune femme court, en remontant élégamment les pans de sa longue robe à frou-frou et dentelles issue de la noble caste de la Rose. Le bruit de ses pas, pourtant légers, résonnent contre les pierres qui dallent la cité, habituellement frappées par les sabots des chevaux. Elle regarde furtivement à gauche et à droite de nombreuses fois, pour vérifier qu'elle n'est pas suivie, et arrive enfin de l'autre côté. Se retournant une seule fois pour contempler la place, elle se réjouit de la voir toujours vide. Après quelques minutes de marche dans la nuit sombre, elle sursaute, et se retourne. Une plume noire tombe lentement du ciel. Une plume de cygne, remarquable par sa taille et sa forme particulière. Elle soupire. Ce n'était rien qu'un oiseau. Elle arrive enfin dans une rue sombre et étroite. Un rat passe, disparait entre deux barres d'une grille d'égout. Ici, les carreaux des fenêtres sont brisés et les portes des appartements lugubres grincent en s'ouvrant, puis claquent en se refermant. Le quartier fantôme, comme le surnomment les vieux qui n'ont que ça à raconter pour effrayer les gamins. Elle, elle n'a pas peur, elle sait que les fantômes n'existent pas. Elle sait que ce ne sont que des histoires, qu'on raconte aux enfants pour nourrir leur imagination. Et que de toute façon, même si de telles entités existeraient, elle serait plus forte qu'eux. Continuant son avancé dans la lugubre allée, elle arrive au lieu de rendez-vous. Leur lieu de rendez-vous. Et évidemment, il est là, il l'attendait, comme prévu, dans le même coin qu'à son habitude, assis sur le rebord d'une fenêtre. Son pelage noir luit à la lumière de la lune, et ses yeux oranges de félin la regardent, avec amusement. Elle a ce sourire amusé, et à la fois séducteur qui en fait craquer tant, et lui tapote sa tête malicieuse. Il saute agilement de son perchoir et se dresse sur ses pattes arrières, s'allonge, se vêtit comme par magie de vêtements et prend forme humaine. En soupirant, il lui donne une légère tape contre l'épaule, et finalement la prend dans ses bras, comme on ferait en retrouvant un bon ami. Rapidement, mais dans le silence complet, il passe sa main dans son long manteau et en ressort un paquet, celui qu'elle attendait depuis si longtemps, et qu'elle ne tarde à ranger dans un repli secret de sa robe. Elle redresse son châle sur ses épaules, murmure quelques mots rapides et part, comme si rien ne s'était passé... L'homme redevient animal, grimpe sur une gouttière, puis parcourt les toits des quartiers voisins, arrivant rapidement de l'autre côté de la ville. Les rues sont à nouveau désertes, cependant au matin, tout allait être chamboulé. Une nouvelle bouleversante, des complots, quelques aventures épiques, avec leurs lots de secrets, et de magies étranges. Les personnages vont se succéder, avec chacun leur importance, leur caractéristique, leur rôle, leur don. Les événements vont se succéder eux aussi, dans leur ordre si précis et pourtant imprévisible. Des morts, et des naissances, de l'amour et de la haine, des alliances et des trahisons : voilà ce qui les attend tous. Le tout encadré par un début et une fin. Mais pour le moment, Loivissa dort paisiblement, insouciante et sereine.



Chapitre un : Boréa

Le jeune garçon aux yeux bleu lagon attrape un seau et se dirige vers le puits, pour remplir le récipient d'eau fraiche. Grâce aux grottes souterraines, cachées dans les profondeurs des falaises et réputées pour leur eau pure et bonne pour la santé, le village est constamment approvisionné en eau. Un avantage important, quand la ville la plus proche est à une demi-journée de marche. Une fois le sceau rempli, le garçon se dirige chez le poissonnier, où il vend un bon gros poisson aux écailles teintées d'un rose frais qui tire vers l'orange pâle, ainsi qu'un autre, encore plus gros, d'un blanc scintillant. Après avoir fait le tour des boutiques, il arrive devant chez lui de peu avant que la nuit tombe, un pain rond encore chaud dans les bras, ainsi que son seau d'eau et une corbeille de baies gentiment offerte par la doyenne du village. La porte s'ouvre alors violemment et deux petits garçons aux cheveux blonds comme le blé et aux yeux d'un magnifique vert pomme lui sautent dessus, manquant de lui faire lâcher le contenu qu'il tient avec difficulté dans les bras.
"On t'attendait !
-On a faim !"
Il les repousse gentiment, referme la porte derrière eux et pose enfin le repas sur la table, lâchant un soupire de soulagement, les bras enfin libres. Il sort de son sac un poisson rouge d'une taille convenable pour une famille, et est vite interrompu. Une petite fille en robe rouge à pois blancs, aux cheveux aussi blonds et aux yeux aussi verts que les deux autres mais qui parait plus jeune de plusieurs années, apparait dans l'encadrement de la porte et prend immédiatement le garçon dans ses petits bras.
"Liam ! Tu m'as trop manqué !
-Je ne suis pourtant parti que depuis ce matin, Rosy !
-Même ! T'as trouvé la fleur que j'veux ?"
Liam lui sourit et sort de sa poche un tissu. Impatiente, elle le lui prend des mains et le déroule, découvrant avec joie la délicate fleur rose, dont le parfum embaume rapidement la pièce. Elle court dans les escaliers en sautillant de joie et monte à l'étage, pour l'ajouter à sa collection de fleurs qu'elle garde précieusement dans sa chambre. Les jumeaux reviennent aussitôt à l'assaut, braquant leurs yeux espiègles sur leur grand frère, et croisant les bras d'un air sévère.
"Et nous ?
-Pourquoi on a pas de cadeau, nous ?
-Parce que vous n'êtes pas sages !"
Effectivement, du haut de leurs 8 ans, ces deux garnements ne cessent de multiplier les bêtises. C'est leur collection à eux, en quelque sorte.
"La doyenne m'a informé de votre dernier exploit. Vous vous croyez intelligents, d'avoir fait ça ?
-Mais, c'est pas d'notre faute !
-C'est pas nous, on lui a pas jeter du poisson pourri dans la tête !
-Nan, c'est pas nous, c'est pas vrai !"
Liam soupire, lassé, et monte à son tour à l'étage. Il salut sa mère, une femme blonde aux cheveux bouclés ramenés surement à la hâte en chignon, qui ausculte un patient dans sa chambre. Liam est le seul de la famille à être châtain aux yeux bleus, caractéristiques qu'il a hérité de son père. Elle porte une robe vert d'eau en tissu simple, avec un tablier blanc de circonstance, étant médecin.
"J'ai bientôt fini Li, tu peux aller faire préparer le repas ?
-Bien, j'y vais mère."
Il redescend donc, attrape une casserole, fait couler par le robinet de la cuisine de l'eau de mer, qu'il utilise pour la remplir, et y ajoute le poisson. Mettant le tout sur le feu, le garçon appelle sa sœur, qui met gentiment la table. Pendant ce temps, il ajoute des herbes fraichement cueillies la veille, et découpe quelques vieux légumes qu'il a été cherché dans leur cave, lieu sombre qui fait si peur à Rosy. Après avoir mis les couverts et les assiettes, le repas est prêt. Sa mère descend, remercie son patient, et dépose l'argent dans une boite où ils cachent leurs économies. Une fois à table, l'un des jumeaux l'interrogent sur sa journée.
"J'ai du aller sur la haute falaise, tout au nord, pour trouver le lys rose que Rosy voulait, et puis je suis descendu sur la plage, en passant par la crique du Dragon où je me suis reposé un peu après avoir pêché, et je suis revenu au village pour acheter du pain avec les quelques pièces que j'ai gagné en vendant les poissons trop gros pour nous.
-Et tu as des nouvelles de papa ?
-Non, aucune, mais il doit être occupé quelque part dans la mer..."
La question ne revient plus et la discussion part vers d'autres sujets, comme les histoires à dormir debout des anciens, les nouveaux commerces de la grande ville, les fleurs de Rosy, les baies données par la doyenne, cette "vieille qui pue" commente l'autre des jumeaux.
Et c'est finalement tard dans la soirée, une fois que les petits sont endormis, que Liam rentre dans sa chambre. Assis sur son lit, il vide son sac, en sortant son filet de pêche, son couteau, un parchemin sur lequel le lys rose est dessiné par les soins de sa sœur, et sa bourse qui se vide de plus en plus. Il se laisse tomber en arrière sur le dos, et regarde le plafond grinçant de sa chambre. Puis, peu à peu, il se laisse aller à la fatigue et s'endort.

Liam passe la matinée suivante sur la plage de sable fin Neptune, lieu qu'il affectionne particulièrement. Assis parterre, il démêle comme très souvent son vieux filet de pêche avec soin et précision, étant l'un des seuls héritages de son père. Les heures défilent, bercées par les effluves marines et la brise douce qui caresse le sable, faisant voleter quelques grains. La mer est calme, très calme, et tous les pêcheurs du village sont en mer pour essayer de trouver quelques poissons. Mais Liam sait que les plus gros se cachent dans la Crique, endroit caché que son père lui a montré lors d'une de leurs balades près des falaises qui bordent la plage. Le garçon jette alors un regard pensif vers l'horizon, se demandant quand son père allait revenir de la mer. Cela fait déjà presque un an qu'il est parti, sans donner de nouvelles depuis. Et il leur terriblement manque à tous.
Liam marche jusque la Crique secrète, et lance son filet à présent démêlé. Les poissons aux couleurs chatoyantes, lentement, se dirigent vers le piège, complétement aveugles. Ils avancent, bêtement, et ne peuvent plus faire demi-tour. Voilà. Ils sont piégés. Attrapés. Et bientôt, morts. Mais c'est le cycle de la vie, si cruel qu'il soit, qui veut ça. Un début et une fin. Entre les deux, il se passe "des trucs". Et là, Liam est dans ces "trucs". Son début est passé, maintenant, il attend simplement la fin. Ce qui lui fait justement penser à ce que disait son père, quand il était plus jeune... Une réplique qu'il sortait avec joie, en regardant le soleil se coucher, et se fondre dans l'horizon marine aux couleurs alors orangées.
"On connait nos débuts mais la fin est toujours imprévisible." Un homme sage, son père... A ses yeux. Les gens du voyage qui passent pendant le printemps à Boréa disent qu'il y a des sages, bien au-delà des limites du village, qui savent tout. La connaissance ultime. Mais Liam, lui, n'y croit pas. Car la vie réserve toujours des choses imprévisibles. Et il va justement vivre un de ces moments, qu'il ne peut jamais prévoir. Le garçon commence à voir trouble, l'eau n'étant plus discernable que par sa couleur bleu terne, pâle. De plus en plus pâle. Il lâche brutalement le filet de pêche, libérant alors un poisson gracié par une maladresse, si ce n'est destin. Ses mains tremblent, et de violents frissons le parcourent. Il se coupe à la paume de la main, s'accrochant désespérément aux rochers tranchants autour de lui. Il manque de crier, mais se mord les lèvres. Du sang s'en échappe, rien que quelques gouttes, mais cela suffit à ajouter sur la langue du garçon un gout métallique, amer mais aussi quelque peu sucré. Un gout vraiment désagréable. La caverne commence à onduler, comme l'eau. Peut-être est-ce dû aux reflets, ou bien aux hallucinations. Tout parait comme dans un rêve. Irréel, inconsistant, impossible, magique. Un nouveau spasme parcourt sa colonne vertébrale, et sa main s'accroche plus fort encore à la roche blessante, faisant couler sur la surface dangereuse et froide le liquide rouge précieux. Il desserre la mâchoire, crache du sang, et ne peut s'empêcher de crier, de haine, de désespoir, et de douleur. Une douleur douce, et pourtant si insupportable. Une ombre passe devant ses yeux, brouillant la vision déjà bien peu nette qu'il avait de l'endroit. Est-ce la faucheuse, qui vient abréger ses souffrances ? Ou bien n'est-ce qu'un fruit de son imagination ? Il n'a en aucun cas le temps d'y réfléchir, car un cri rauque perce à nouveau la grotte. Sa main est profondément entaillée. Il tombe sur le dos, respirant faiblement. Il ne discerne toujours rien de plus qu'une masse vaguement grise, terne, floue. Le bruit de la petite cascade qui se verse dans la crique se fait entendre paisiblement, coulant contre les parois rocheuses, et tombant avec un bruit cristallin dans l'eau. Tout à l'air paisible, si l'on fait abstraction du liquide bordeaux qui s'empare lentement des rochers meurtriers, et du garçon qui regarde le plafond, encore proie aux tremblements incessants. Seuls ses yeux bleues brillent d'une lueur de vie. Les crises ont encore raison de lui. Et sereinement, il glisse contre la roche humide et tombe dans l'eau, sans bruit.

"Il parait qu'il est de retour le long de côte !
-Qui donc ?
-Le Dragon des Mers, pardi !
-Êtes-vous sûr ? Ou bien est-ce l'embrun qui vous fait cet effet ? Le Dragon des Mers ne vient plus près des falaises depuis déjà quelques années mon cher.
-Mais, si je vous dis que je l'ai vu, de mes propres yeux !
-Justement, vous portez des lunettes. Avez-vous des propos pour illustrer ce que vous dites ?
-Pas plus tard que tout à l'heure, je longeais les côtes de la plage Neptune, revenant d'une semaine radieuse au Port Harmonia, vous savez, le Port de l'Alliance, créé il y a peu, avec son architecture complexe, et ses pierres bleutées étranges ?
-Oui, je vois, mais venez-en aux faits.
Et bien, je longeais les côtes de la plage, regardant l'horizon d'un air songeur, quand soudain, j’aperçus une forme étrange. Comme un long cou. Et puis, un hurlement à glacer n'importe quel sang a déchiré le silence marin, et la forme est repartie sous l'eau avec une vitesse extraordinaire. Le Dragon des Mers, je vous dis !
-Vous n'avez déjà plus toute votre conscience, mon cher. La brume brouille l'horizon, surement était-ce un bateau...
-Je vous dit que c'était le Dragon des Mers, il est de retour ! Je l'ai vu de mes propres yeux !
-Peut-être que la brume a brouillé votre esprit, qui sait ? Vous êtes peut-être devenu sénile, à votre âge il faut y faire attention."
Et cette gentille querelle dure jusque tard dans la soirée, laissant alors les rumeurs se propager comme la peste dans le village, arrivant jusqu'aux oreilles de la sage doyenne. Dans le plus beau et ancien bâtiment en pierres brutes de la place centrale de Boréa, au rez-de-chaussé plus précisément, se trouve le bureau de cette dernière, plein de villageois qui se plaignent, pourtant tard. On peut voir par la large fenêtre au fond de la pièce le ciel nocturne, et sur lequel trône la Lune, reine de cet étendue bleu-nuit. L'astre projette dans la pièce éclairée seulement par une chandelle sur le bureau en bois foncé des lueurs argentées qui donnent un côté mystique au moment.
"Nos enfants sont en danger !
-Je fais mes bagages dès ce soir, je ne peux pas rester ici !
-Nous allons tous mourir !
-Le Dragon des Mers est de retour !"
La vieille femme aux cheveux blancs rassemblés en une longue tresse tombant sur son épaule droite et aux yeux d'un gris hypnotisant frappe du poing le bureau qui lui appartient, faisant sursauter le pot d'encre et la plume d'aigle plantée à l'intérieur.
"Silence. Exprimez-vous clairement, et attendez votre tour, je vous en prie."
Le silence règne, comme elle l'a demandé. Une atmosphère sérieuse s'empare alors du lieu, ne laissant place à aucune plaisanterie. Seule la vérité allait être énoncée. Dehors, le bruissement des vagues se fait entendre, lent, et paisible. Peut-être aussi apaisante.
"Les rumeurs du retour du dragon m'obsèdent. Sont-elles vraies ?
-Nous attendons un témoignage.
-J'ai vu le dragon !
-Attendez donc votre tour.
-Sommes-nous en danger ?
-Quand le Dragon rodait, autrefois, avons nous été en danger ? Avons nous été attaqué ? Le village a-t-il subi des dégâts ? Non. Il n'en a jamais été ainsi, et il n'en sera jamais ainsi. D'autres questions ?
-J'ai vu le dragon !
-Nous écouterons votre témoignage en dernier. Autant garder le plus intéressant pour la fin, voulez-vous ?
-S'il doit en être tel...
-Bien, quelqu'un d'autre veut émettre des plaintes, ou des craintes ? Un autre témoignage ?
-Je... Je suis inquiète, à propos de mon fils. Quelqu'un l'aurait vu ?
-Lequel de vos fils ? Car si c'est l'un des deux jumeaux infernaux, qu'ils restent où ils sont.
-C'est mon plus grand, il est parti depuis ce matin, et n'est toujours pas à la maison...
-Et où aurions-nous dû le voir, votre tendre fils ?
-Et bien, il pêche souvent près des Falaises Hautes...
-Les éclaireurs de nuit doivent surveiller ces zones. Élise, nous vous préviendrons au petit matin si nous retrouvons Liam. Plus personne n'a de soucis ? Non ? C'est à vous alors, Monsieur Solhwin.
-Et bien, figurez-vous que, pas plus tard que tout à l'heure, je longeais les côtes de la plage Neptune..."

Liam se hisse sur la paroi rocheuse, à présent nettoyée grâce aux vagues violentes dans la crique de tout sang. Épuisé, il jette un regard inquiet à sa plaie, qui a déjà un peu cicatrisé avec l'eau salée, mais qui brûle terriblement encore. Il attrape un vieux bandage qui traine dans son sac et l'enroule autour de sa paume. Le garçon ramasse le filet de pêche encore dans l'eau, dans lequel tentent désespérément de s'échapper trois gros poissons gris. Liam sourit, admiré par l'espoir de vivre qui les habitent, et les tue froidement avec la lame de son couteau, consumant le peu d’énergie qu'il peut se permettre. De suite, il fourre le tout dans son lourd sac, et porte ce dernier sur ses épaules. Le garçon prend ensuite la route du village, multipliant les arrêts sur le bord de mer pour se reposer quelques instants, afin de reprendre son souffle et de reposer ses jambes endolories. Il arrive à quelques dizaines de mètres du village, et s’arrête, montant sans peine sur un rocher lisse pourtant assez haut afin de contempler une dernière fois la mer. La lune étend encore pour une bonne heure son reflet d'argent sur la surface lisse et trouble de l'eau. Un moment calme, quoiqu'un peu sombre, car les étoiles sont cachées par d'épais nuages. Finalement, il rentre à Boréa avant que le jour ne se lève. A l'entrée du village, il s'accorde un moment pour admirer le temps qu'il fait. Le soleil fait lentement son apparition, teintant le ciel de couleurs pastels, comme de l'orange, du rose et d'un léger bleu. Les nuages se lèvent, annonçant une journée plutôt chaude et calme idéale pour ce jour de repos. Liam parcourt les rues encore endormies du village, veillant à ne faire aucun bruit, et à quelques pas de chez lui, il heurte violemment un voyageur. Aussitôt, le garçon se relève, s'excuse poliment et aide le monsieur à se mettre debout. C'est un homme qui doit avoir entre trente et quarante ans, avec de longs cheveux auburn volant au gré de la brise matinale, un ample chapeau au bout pointu brun plutôt mystérieux sur sa tête qui cache ses yeux ainsi que des joues creuses, un nez aquilin, un long menton et un sourire narquois aux lèvres. Ses mains fines et un peu squelettiques vont vite penser à des serres, et sa silhouette grande et maigre le rend d'apparence sournoise, tout comme sa façon d'être exprime clairement de la cruauté, et aucune pitié en cet être étrange. Il lève la tête vers le ciel, pour observer un aigle fendre l'air au dessus du village, et dévoile par la même occasion deux yeux jaunes perçants. Des yeux de prédateur. L'homme crée vite une atmosphère inquiétante mais mystique, comme hypnotisante. Sa ressemblance avec le rapace qui, quelques instants auparavant, volait là-haut saute aux yeux. Quant aux vêtements, il porte une longue cape de même couleur que son chapeau, légèrement ouverte par sa chute, qui dévoile une veste noire plutôt sophistiquée, sur laquelle est brodée une rose rouge carmin resplendissante. Dessous, le col d'une chemise insinue la présence de cette dernière, et un pantalon étroit ainsi qu'une paire de bottes lustrées du même noir obscur que le bas parfont cette panoplie de l'aventurier sophistiqué et surement bourgeois. Un homme de la ville, conclut Liam. Et par son côté mystérieux, un homme surement intéressant. Il est certain alors que cet homme a vécu d'innombrables aventures extraordinaires, composées de fantastiques voyages et de combats épiques, et le garçon aimerait tant en entendre le récit de l'une d'entre elles. Mais il n'a le temps d'ouvrir la bouche pour parler que l'inconnu qui ouvre le dialogue, d'une voix grave et pourtant un brin mélodieuse, à laquelle s'ajoute une touche amicale, un soupçon de cynisme et une poigne vigoureuse.
"Maréchal Road, de la Rose. Et tu es ?"
 
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Rachel E. Dare
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MessageSujet: Re: Break the Control   Dim 5 Aoû - 21:44

Moi je dis : Magique ! Elle est trop bien cette histoire et Lyle écrit trop bien ! Et je veux vite la suite Rolling Eyes


Rachel Elizabeth Dare
❝ Sept sangs-mêlés obéiront à leur sort, sous les flammes ou la tempête le monde doit tomber, serment sera tenu en un souffle dernier, des ennemis viendront en armes devant
les Portes de la Mort. ❞
 
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