Les OS d'un Petit Lu :)

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Luna Lovegood
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MessageSujet: Les OS d'un Petit Lu :)   Sam 4 Fév - 23:33



Bonjour, ou bonsoir peut-être, Invité,
Qu'ai-je donc à faire de l'heur à laquelle tu lis ces lignes, d'ailleurs ?

Bref, arrêtons un peu les essais philosophiques et les phrases compliquées.

Ici, je vais poster tous mes chers petits OS d'amour sapin



J'espère que ça te plairas
Very Happy


-Fonctionnement -

Comme c'est dit plus haut, je vais poster dans ce sujet mes OS.
Vous avez tout à fait le droit de poster vos avis ici, qu'ils soit bons ou mauvais.
Je mettrais peut-être l'histoire de l'écriture de l'OS avant, résumée en quelques lignes.
Je vous souhaite bonne lecture !


- Sommaire -
OS 1 : un amour avec un Dieu.
OS 2 : Une larme.
OS 3 : Fille Unique
OS 4 : A Deathly Story
OS 5 : La Super Aventure de Jules
OS 6 : Sam, parce que c'est comme ça. - 1 -







You're just as sain as I am.
 
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Luna Lovegood
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MessageSujet: - The FIRST - Un amour avec un Dieu -   Sam 4 Fév - 23:51

Cet OS était au départ voué à un destin peut-être plus glorieux.
En effet, il faisait partie des OS du cinquième concours d'1h 1OS, datant du 4 février 2012.
Mais, suite à un mal entendu entre un jury et une participante qui s'est auto-disqualifiée, le sujet a été supprimé.
J'ai obtenu l'autorisation de le poster ici !

Le personnage principal - Adam - m'a été inspiré par un anglais, le correspondant d'un ami, qui est actuellement en France (enfin actuellement, il l'est - ou l'était, suivant la date - du 2 au 16 février 2012)

Bref, place à l'OS :
-- -- --
-- -- --

Histoire d'amour avec un Dieu


« Tu es un Dieu ».
La phrase tournait en boucle dans la tête du jeune homme.
« Tu es un Dieu »
Faux.
Adam Rowntree était un adolescent londonien tout à fait ordinaire.
Grand, athlétique, les cheveux châtains, en brosse et les yeux bleus.
Il aimait écouter de la musique toute la nuit au lieu de dormir, faire enrager sa mère à cause de ses notes, et surtout, il aimait les filles.
Trop, aurait dit sa mère, comme toujours.
Adam, aux yeux de sa mère, faisait toujours « Trop », sauf quand il s’agissait d’un travail scolaire quelconque.
« Adam ! C’est trop fort, baisse le son ! »
« Adam ! C’est trop salé, ne mange pas ça ! »
« Adam ! C’est trop loin, tu ne peux pas y aller seul ! »
« Adam… »
Et ainsi de suite.

La principale différence – et sûrement a seule – entre Adam et les autres garçons de dix-sept ans, c’est qu’Adam est aveugle.
Oui, aveugle, tu as bien lu.
Adam a appris à vivre sans ses yeux, même s’il le cache.
Trop injuste, hein, que ce soir lui, qui soit aveugle et pas… son voisin de palier par exemple ?
Tout simplement parce qu’Adam était trop parfait.

« Tu es un Dieu ».
La jolie voix de la jeune fille qui avait prononcé ces quatre mots sonnait… Divinement, aurait pu penser le garçon, comme si cela ne suffisait pas.

Pour comprendre les méandres de son histoire, toi, lecteur, tu dois savoir qu'Adam est devenu aveugle à l'âge de douze ans. un beau matin il a ouvert les yeux mais ce fut comme s'il les avait gardé fermés.

Tu sais quoi ? Ce détail a trop peu d'importance pour que tu en tienne compte, lecteur. Même si je ne dit pas que tu dois l'oublier.

« Tu es un Dieu ».
Il avait entendu cette voix pour la première fois deux mois plus tôt, dans une petite salle d'un lycée français.
Adam avait été sélectionné pour participer à un échange linguistique et avait donc passé deux semaines en France, chez un jeune homme du nom de Matthis.
Cette voix, qui l'obsédait, n'avait prononcé que quelques mots, ce jour-là.
Il imaginait sa propriétaire plutôt discrète et douce. Jolie aussi.

Il n'avait pas eu tort.
Durant tout son séjour, il l'avait recherchée, sans succès.
Il avait appris que la voix se nommait Mia. Pas la voix, la jeune fille !
Qu'importe ?
Quand on est aveugle, les gens ne sont-ils pas des voix plus que des gens, justement ?

Adam se baladait un jour dans Londres, avec Matthis, qui venait à son tour pour deux semaines, quand il l'avait à nouveau entendue.

« Matthis ! Je pourrais récupérer mon... Oh, pardon. »
Un peu essoufflée, Adam la voyait courant pour les rattraper.
Il avait trop d'imagination, Adam.

« Tu es un Dieu ».
Cette phrase avait presque sonné comme une question.
Il la serrait contre lui.
Mia était menue, presque fragile.

Elle était son total opposé.
Elle était toute de presques, et lui tout de trops.

Mais jamais il ne l'aimerait trop.

« Tu es un Dieu ».
Peut-être, en effet.
Cela reste à prouver.

« Tu es un Dieu ».
Adam ferma les yeux en souriant.

« Tu es un Dieu ».
Non, mais elle, elle était une Déesse, il en était certain. Trop, peut-être, même ?



 
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Luna Lovegood
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MessageSujet: The SECOND !   Dim 5 Fév - 10:12

Cet OS a lui aussi une histoire particulière, tout simplement parce que c'est un exercice de français que j'ai fait l'an dernier.
On devait écrire un petit texte commençant par "Le regard perdu dans le lointain, l'homme pleurait." ou "L'homme, plié en deux, réprimait un fou-rire.".
Ils est donc trèèèèèès court, ne m'en veuillez pas !
Bonne lecture Smile


Une Larme


Le regard perdu dans le lointain, l'homme pleurait.
Il pleurait sa fille qui avait disparu deux semaines auparavant.
Maëlys de son prénom, elle avait été d'une grâce et d'une douceur indesriptible, mais elle n'était plus.
Elle avait été sa raison de vivre pendant seize magnifiques années avant que cette ignoble maladie ne l'emporte.
Il ne lui restait plus rien à présent.
Il avait pourtant un beau domaine très fleurit et une batisse confortable, mais cela n'était rien, sans Maëys dans le jardin, à faire un de ses magnifiques bouquets.
Il n'imaginait pas la vie sans elle.
Elle aurait été une exelente institutrice, ou un grand médecin, mais cela était impossible maintenant.

Alors, fixant toujours le lointain, il retira les pieds de ses étriers, passa la corde à son coupuis talona sa monture, qui partit aussitôt au galop.
Sans lui.
Et une dernière larme tomba dans l'herbe couverte de rosée.
Pour la rejoindre.
 
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Annabeth Chase
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Dim 5 Fév - 10:53

J'adore ! ** Very Happy
L'un et l'autre. (: Même si l'un, je te l'avais dejà dis... Bref, tu nous en poste un autre bientôt n'est-ce pas Sapineuse ? Very Happy ** *Moiembettantemaispasdutout*

Ah, ET... ** >


 
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Luna Lovegood
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Dim 5 Fév - 11:17

*Nonpasdutoutdutoutlà*

MOI AUSSI JE LES AIME NOS SAPINS !! *-*

Promis, un petit troisième est en préparation là x)
 
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Alexia Fernandès
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Dim 5 Fév - 14:33

Luna **

I Love It !
 
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Dim 5 Fév - 18:22

Oh Thanks ! ♥️
But, I don't really understand, you love the first, or the second ? Smile

sapin sapin

♥️
 
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Alexia Fernandès
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Dim 5 Fév - 20:33

I love the first and the second ! And sorry for my very bad english...
 
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Luna Lovegood
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Lun 6 Fév - 20:25

Cet OS est tout simplement issu d'un délire comme j'en ai tant eu avec ma meilleure amie, un mercredi midi où il faisait froid, et où on avait faim.
Je sais, c'est bête x)

Je sais, il est trèèès nul, pardon.
Bisous

________________

Fille Unique


Courir.
Se cacher.
Courir encore.
Trébucher.
Se relever pour continuer de courir.
Un besoin vital.
Il fallait que je m’échappe, que je me cache, que je disparaisse.
Pour ma survie.
Il le fallait.
De toute façon, c’est devenu mon quotidien.
Car, voyez-vous, je suis fille unique.

Un cri a retenti, suivi d’un sifflement suraigu. Je me suis recroquevillée sur moi-même.
Des craquements ont résonné, comme de lourdes bottes marchant sur des os.
Tout mon corps a été secoué de tremblements.

Je n’ai pas toujours été fille unique, vous savez. Je me souviens parfaitement des après-midi au bord de la petite rivière avec mes sœurs. On pouvait y rester jusqu’à la tombée de la nuit.
Une larme a roulé sur ma joue crasseuse pour venir s’écraser sur ma main frêle qui saignait encore.
« Elle ne peut pas être loin ! a hurlé un homme. Cherchez bien sous les débris et dans les voitures brûlées, elle peut se cacher partout, mais elle n’a pas pu s’échapper ! »

Non !
Ils ne devaient pas me trouver !

À bien y réfléchir, ma vie de fille unique ressemblait à une partie de Cache-cache géante. Ma vie d’après la révolution.

L’Usurpateur avait voulu l’extermination de ce qu’il appelait mon Espèce.
Et il avait réussi. Enfin, presque. Puisque je vivais encore.

Mon Espèce… Rien que le fait de penser que seul un chromosome me différentiait de cet homme me donnait la nausée.

Courir.
Se cacher.
Courir encore.
Trébucher.
Se relever pour continuer de courir.
Le plus vite possible.
Leur échapper.

Car oui, je suis fille Unique.
Un cris de femme au loin.
Un cris de… femme ? Impossible !

Non, c’était un oiseau.

« TOUTES LES REPRESENTANTES DE L’ESPECE FEMININE DOIVENT IMPERATIVEMENT ETRES ELIMINEES ! » Rugissait la voix dans les haut-parleurs.

Oui, je suis fille unique. Je suis l’unique fille sur terre.


 
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Lun 6 Fév - 21:05

Wow moi j'adore o:
Tu prévoie une suite ou c'était simplement sur le moment ?
J'aime beaucoup (:
 

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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Mer 8 Fév - 15:04

Moi je dit que c'est trois O.S sont vraiment TROP parfaite, et qu'il ne devrait pas avoir autant de gens TROP douée, par-ce que à côté d'eux on à vraiment TROP l'impression d'être TROP nul.





Heureusement que tu es PRESQUE parfaite, par-ce que sinon le vie serait TROP injuste!





flower
 

Luna Lovegood
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Mer 8 Fév - 18:18

Je sais pas Nico, je sais pas, mais le principe d'un OS, c'est une histoire en une seule fois, même si là ça s'approche pas mal de la Nouvelle x)

* * * * * * *

MERCI MA FLEUR !!
Mais je suis pas parfaite tu sais ? Loin de là même, à en croire mes profs Rolling Eyes
mais je suis presque certaine que tu serais déçue si tu me voyais en vrai x)
flower

♥️
 
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Luna Lovegood
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MessageSujet: the Third - A Deathly Story -   Mer 7 Mar - 17:21

Ce n'est pas un OS mais une nouvelle. Je l'ai écrite en Anglais, pour ma prof de Litté, qui m'a ensuite inscrite à mon insu à un concours national de Short Stories. J'ignore encore les résultat de ce concours, bien que je sois sûre de perdre ! Tout ce qui est en italique plus bas, c'est le début commun tous.
N'hésitez pas à faire chauffer Google Trad ou Reverso si besoins ;D Bref, bonne lecture mes sapinous !



-- --

A Deathly Story

When I saw the Chinese woman and her daughter playing cards together and the lights of Sydney Harbour shimmering behind them, it set me thinking about Stuart and the reason he had to give up driving his car.

I was going to say “My friend Stuart” but I suppose he’s not a friend anymore. I seem to have lost a number of friends in the last few years. I don’t mean I’ve fallen out with them, in any dramatic way. We’ve just decide not to stay in touch. And that’s what it’s been: a decision, a conscious decision, because it’s not difficult to stay in touch with people nowadays, there are so many different ways of doing it. But as you get older, I think that some friendships start to feel increasingly redundant.
You just find yourself asking “what’s the point?” and then you stop.

Suddenly, I felt a sharp pain in my chest.
A lot of pictures ravel in my eyes. A car. A woman’s cry. Not a car. A Car crash.
So strange!
I remembered, I was on this car, but after the accident, I didn’t remember anything.

The Chinese woman and – I suppose? - Her daughter left the restaurant. I followed them. I don’t know why. I needed it.
In the street, the woman, who was beautiful, spoke with low voice, about a man. The girl nodded silently.
“He was exceptional.”; “It’s not his fault...”

When we arrived in front of the gate of a cemetery, they stopped.
There was a man.
A wonderful man.
I recognized him. Stuart.
He wiped his cheeks with his left hand.
I hid myself behind a tree.
The woman and Stuart talked. They talked a lot.
She cried. The young girl went away, to run after a cat, or another thing.
- Lucy! Come on, please, said the woman.

She whispered something to her daughter, and they entered the cemetery.
It was, maybe, ten o’clock, and the cemetery was very dark and I thought “it’s not a place for a child!”
I followed them.

They stopped next to a big grave and Stuart tightened the woman in his arms. Thus they cried one moment. I looked at the grave.

“Clark Bryan Johnson, born in July the 17th 1974, dies in September the 5th 2011”

At this moment, I remembered the entire story.

A month earlier.

I’m in a car.
I’m driving fast.
Maybe too fast.
In front of my car, a wall.
I fell sad, and I don’t want to live.
It’s my suicide.

Three months earlier.

- Stuart.
- Clark? Have you got a problem?
I don’t look at him.
- Yes... no... it’s a bit... complicated.
- What’s the matter?
- I love you, Stuart.
It’s very hard for me to tell my friend the truth, but I felt in love with him. And I can’t live if he doesn’t know.
When I say it, he falls on his chair.
- Clark. I’m not... in... in love with you. I’m in love with your... your wife. Sorry.

In front of the grave.

If Stuart had to give up driving his car it is because he feels guilty.
At this moment, I understood who is the little girl. Who is her mother.
My wife. My daughter.

And it’s my grave.

Because I’m dead.
 
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Luna Lovegood
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Sam 7 Avr - 13:07

Dedicate to my sister.

Cet OS, c'est une histoire que je raconte à mon frère et ma soeur (qui ont respectivement 4 et 5 ans) chaque fois que je fait du baby-sitting. Il m'arrive de changer de ville, ou de situation, mais c'est rare.
Le plus souvent, ma narratrice s'appelle Charlotte ou c'est un narrateur du nom de Dylan.
Je change aussi la fin, suivant la demande des deux petits monstres.
J'ai gardé une narratrice, et me suis rendu compte que jamais elle ne mentionnait son nom, alors je vous le dit. Elle s'appelle Jules.
Alors ne vous attendez pas à avoir un grand récit en alexandrins, hein, c'est une histoire pour les enfants.
J'ai adoré écrire ça. C'est assez amusant de me dire que je vais vous faire lire un truc que j'ai inventé il y a une petite année.
J'espère que ça vous plaira.
Ma soeur appelle cette histoire
La Super Aventure de Jules
(À adapter suivant le nom du personnage)


Je ne pense pas que les amis sont très importants pour moi. Je dis cela parce que je n'ai jamais eu de véritable ami sur qui je pourrais toujours compter.
Tout le monde est égoïste. La meilleure chose est de rester seul, avec une ou deux connaissances, au cas où.
Mais Jack était un très bon gars, je le reconnais. Il a toujours pris soin de moi. Nous nous sommes rencontrés la première fois sur la plage, je n'était encore qu'un bébé.
Il était très gentil avec moi, mais j’ignore pourquoi.
Parfois, quand je me rend à la plage, je le vois assis, regardant le soleil couchant. Je reste là à le regarder, sans dire un mot. L'atmosphère qui règne autour de nous est très agreeable, et détendue.
Stuart était un homme jeune et plein d'ambition. Lui, comme moi, appréciions nous promener sur la plage à la fin d’une chaude journée. Il souriait et ses yeux étaient pleins d’étoiles. Et c'était la même chose tous les jour. Il vient s'asseoir sur la plage, près de la mer, en regardant encore et encore le soleil se coucher. Et je reste là-bas, un peu de côté, je le regarde, je l’observe pendant des heures. Tous les soirs. Ou presque, car un soir, il n'est pas venu, ni les jours suivants.

J'ai décidé d'enquêter et de d’apprendre ce qui lui était arrivé, et j'ai finalement su qu'il a été agressé à la suite d'un accident de voiture. Il était donc à l'hôpital St Vincent. Je n'étais ni très grande, ni très impressionnante, mais je voulais vraiment trouver l'auteur de son agression, le venger par je ne sais quel moyen.

Je me suis rendue dans cette ville formidable en fin de journée. J'ai été guidé par une de mes connaissances qui connaissait Sydney comme sa poche. Il m'a guidé et m'a montré la ville en même temps. J'ai eu quelques problèmes, je ne pouvais pas bouger pendant la journée à cause de ma peau qui ne supporte pas la chaleur du soleil et je ne pouvais pas bouger très vite non plus. Nous marchions à ma vitesse, mais l'hôpital Saint-Vincent était situé à l'autre bout de la ville. Pendant la journée, je me suis reposé dans un endroit ombragé, frais et humide, et la nuit nous avons gardé la fin de notre voyage à travers la ville. Nous étions en plein mois d’Octobre et très peu de gens se rendaient encore à la piscine en cette période de l'année, meme à Sydney; l'eau froide était agréable et très bonne pour ma peau fragile. Discrètement je vais me baigner dans les piscines couvertes ou de petits lacs. Très souvent, j'ai été agacé par les enfants qui traînaient dans les rues. J'étais très fragile et vulnérable; je ne pouvais pas me défendre, alors je me demandais de plus en plus souventcomment je pourrais venger Jack. Je me demandais aussi pourquoi je voulais tellement le protéger, et le venger. Quelle était la raison qui me poussait à cela. Seulement parce que je le connaissais depuis que j'étais enfant, et parce qu'il est venu tous les soirs à cette même plage pour admirer le soleil se coucher ? Était-ce l'amitié ? Je ne savais pas, mais il était trop tard pour rebrousser chemin. Difficilement, nous avons continué à braver les épreuves qui nous conduisent de l'autre côté de la ville, à l'hôpital St Vincent.

Une fois que nous sommes arrivés, nous décidons de chercher autour du bâtiment quelques indices. Bien sûr, il était trop tard, il n'y avait plus un seul indice depuis longtemps. Nous errons dans les rues, pour trouver une solution. La ville nous dominait de toute sa hauteur, et il faut dire que je n’avait pas l’habitude des immeubles.

Tout à coup, j'ai été frappé par un avis de recherché accroché à un panneau. Immédiatement, j'ai pensé que c'était l'homme qui avait attaqué Stuart. J’ai dit à mon ami que je voulais le retrouver. Il m'a dit que j'étais fou et qu'il serait impossible pour moi de venger Jack, mais j'ai insisté, puis il a accepté de venir avec moi dans ma quête.

Deux jours plus tard, nous n'avions pas trouvé grand chose sur l'homme de l’affiche. Je voulais vraiment abandonner et rentrer à la maison, j'étais très fatigué. Nous étions sur le chemin du retour, quand j'ai vu sur un banc dans un parc de l'homme. Je n'en croyais pas mes yeux, était-ce vraiment lui? Je m'approchai de lui, il dormait. J'étais si faible que je ne pouvais rien faire de mal ou meme quoi que ce soit d'autre. J'ai juste pris son portefeuille. Mon ami m'a guidé vers le poste de police. Bien sûr, la nuit, il est fermé. Nous venons de le glisser derrière la porte d'entrée. Apparemment, les policiers ont trouvé à l'intérieur d'une adresse et le numéro de téléphone de son ex-femme.

Quelques jours plus tard, ils l'ont trouvé et l'ont arrêté. J'ai été très heureux, mais j'étais complètement déshydraté, fatigué, et je n'avait plus la moindre force. Je me demandais même si je pouvais rentrer à la maison ... J'ai commencé à marcher dans cette fin de la journée, quand j'ai entendu derrière moi un bruit de pas et la voix de Jack. Je me suis retournée. Il est venu à moi, souriant, comme d'habitude. J'étais tellement fatigué qu'il m’a porté jusqu’à la plage et de m’a doucement déposé dans l’océan. Ce fut un voyage très long, douloureux et difficile pour moi, et la prochaine fois que je dois quitter la plage, je demanderai à mon ami Jack de me porter. Car voyez-vous, traverser Sydney, c’est dur, mais pour une tortue, c’est presque impossible !




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Luna Lovegood
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MessageSujet: Sam 1   Sam 19 Mai - 21:49

Alors voilà. Pas vraiment d'intro pour cet OS là, à part une chose.
Toute ressemblance avec des fait ayant eu lieu ne serait que pure coïncidence, veuillez m'en excuser.

Partie 1




Sam, parce que c'est comme ça.
Soyez pas méchants.



    C’est pas de ma faute. Il s’appelle Sam.
    Je crois que je ne connais même pas son nom de famille. Sam. C’est tout.
    Enfin non. Sinon je n’écrirais pas tout ça.

    Two weeks earlier

    - Noémie ! Tu aurais pu te renseigner un peu. Tu ne sais même pas où tu dois rejoindre le groupe.
    - Si, Maman. À l’aéroport.
    - On est à l’aéroport, Noémie. Et je ne vois aucune trace de profs nul part !
    - Maman, les profs ne sont pas comme les escargots, ils ne laissent pas de trace au sol quand ils se déplacent.
    Elle a levé les yeux au ciel en soupirant. Ma mère quoi.
    Un groupe devant nous – pas un groupe, en fait, un amas de valises et de personnes – s’agitait mollement.
    Léo et Morgane se tripotaient dans un coin. Floriane discutait avec une fille que j’avais aperçu quelques fois au lycées et un garçon que j’avais croisé à un concert, et Lydie… n’était pas là. Elle est toujours en retard.
    Une femme d’une quarantaine d’années s’est approchée de nous.
    -Ah, Noémie. Bonjour, tiens, ton titre d’embarquement, et colle ça sur ta valise.
    Ma prof d’anglais me souriait. J’avais toujours aimé cette prof. J’ai pris les deux papiers qu’elle me tendait et ma mère m’a prise dans ses bras.
    - Bon, tu es sûre que tu...
    - Oui, je suis sûre de vouloir aller en Angleterre, Maman. Sûre et certaine même ! T’en fais pas, je t’appelle ce soir quand je suis arrivée. On en a pour deux heures de vol et deux heures de bus entre Mancherster et Harrogate. Donc vers… neuf heure en Angleterre, donc dix ici. Aller. À dans deux semaines maman. Je t’aime.
    Je ne voulais pas voir ses yeux tout mouillés de maman poule. En plus, elle connaissait Emily, ma correspondante, qui avait déjà passé deux semaines à la maison, et avec qui je m’entendais à merveille. Elle n’avait pas de raison de s’en faire. Vraiment.
    Et puis, elle commençait à me connaître, non ? Au bout de dix-sept ans à couver son enfant, on peut un minimum prévoir son comportement, je crois !

    J’ai peur du vide, mais dans l’avion, ça va. J’ai connu pire. Le couloir avant l’avion, tout vitré et à cinq mètres du sol par exemple. Heureusement que Floriane et Lydie étaient là pour me faire la conversation. Il y avait aussi Mathilde et Alexandre, deux secondes que je ne connaissait pas, mais avec qui j’aurais tout à fait pu être amie. Ils connaissaient bien le petit frère de mon meilleur ami. En tout cas, je ne regardais pas le sol. C’était l’important.

    L’Angleterre.
    Après deux heures d’avion et deux de bus à me sentir seule parce que pas incluse dans la conversation, l’arrivée. De nuit. Tous les anglais comme des groupies, à hurler de joie. J’ai serré Emily dans mes bras.
    Elle m’avait manqué.
    Elle a tiré ma valise jusqu’à la voiture en souriant, me demandant comment j’allais.


    Levée sept heure. Ce qui fait donc… Huit heure en France. Trop bon. J’aime dormir.
    Premier jour en Angleterre, un verre de jus de fruit pour tout petit déjeuné.

    - On y va, à ce soir Maman ! a dit Em avant de fermer la porte derrière elle, se tournant vers moi, qui était déjà dehors. Tu vas voir, mon bus est trèès différent du tien, a ajouté mon amie en souriant.
    Nous avons marché quelques dizaines de mètres avant d’arriver devant un petit panneau « Bus Stop » devant lequel patientaient déjà quelques personnes en uniforme scolaire.
    Je faisais tâche dans mon Jeans et mes Converses.
    Un bus bleu à deux étages est arrivé et j’ai suivi Emily à l’intérieur, puis à l’étage. Il y avait de la buée sur les vitres, et une jeune fille blonde trop maquillée plongée dans un livre.
    - Noémie, je te présente Scarlett. Scarz, Noémie, ma correspondante française.
    J’ai salué ladite Scarlett alors que le bus reprenait sa route. Je me suis assise à côté d’Emily, sentant mon portable vibrer dans ma poche.
    J’ai souri en lisant le message de Damien. « Tu lui manques, t’as intérêt de lui envoyer un mail récapitulatif, parce que je vais finir par le frapper. »
    Je savais parfaitement qui était le « Lui » en question. Alex. Damien, c’est notre Edwige à nous. Il fait passer les messages.
    Le bus s’est arrêté à nouveau, et une jeune fille rousse nous a rejoint, se présentant comme Beccz. Je l’ai saluée en souriant, rangeant mon téléphone.
    À l’arrêt suivant, un garçon est monté dans le bus, le visage fermé, accroché à son téléphone.
    Il parlait vite. Trop pour que je ne comprenne. D’après les commentaires d’Emily et de ses amies, il parlerait avec sa copine. En tout cas, ça avait pas l’air d’aller fort.
    A peine eut-il raccroché qu’il a sorti un casque de son sac pour le brancher à son portable, le visage fermé.
    - C’est Sam, m’a dit Emily. D’habitude, il est sympa, mais je crois qu’il vient de s’engueuler avec sa copine. Je te le présenterai ce soir.
    J’ai pu le détailler à mon aise.
    Il n’avait pas l’air très grand, ni très musclé. Des taches de rousseur parsemaient son visage aux traits relativement enfantins, malgré la colère qu’on y lisait. Il avait les cheveux mouillés, courts sans trop l’être non plus, d’une couleur entre le roux, le blond et le châtain clair. De loin, on lui aurait donné quinze ans, à peine seize, mais le fait qu’il ne porte pas d’uniforme m’indiquait qu’il en avait au moins dix-sept.

    Journée sous la flotte. Vive l’Angleterre. Vers neuf heure et demi, on est partis dans un minibus qui prenait l’eau, pour aller visiter nos lieux de stages, pour la semaine prochaine. Je me suis retrouvée assise à côté d’un seconde que j’avais croisé à un concert quelques mois plus tôt. Un Alex. On a bien ri, malgré la pluie et la musique pourrie qui passait à la radio.



    - Noémie !
    Je me suis retournée, Emily se tenait dans l’encadrement, essoufflée et trempée. On allait rater le bus. J’ai attrapé mon sac et dit au revoir à Alex, Floriane et Lydie avant de suivre ma correspondante sous une pluie torrentielle.
    Et on a raté le bus.


    Deuxième jour en Angleterre, deuxième matin levée deux heures plus tard que d’habitude. Deuxième petit bonheur.
    Dans le bus juste avant huit heure, cette fois, il y avait une autre fille, assise sur une banquette, près de Scarz.
    - Lauren, Noémie, ma correspondante française.
    Je lui ai souri. Cette fille était canon. Vraiment. Un sourire colgate, des cheveux bruns brillants, un visage d’ange, et des yeux vert pétant. Vie cruelle.
    Emily m’a demandé si elle pouvait s’asseoir à côté d’elle. J’ai hoché la tête et me suis assise près de Scarz. Le garçon qui était au téléphone hier est monté dans le bus et a soupiré quand il a vu Lauren, puis il est allé s’asseoir derrière moi. Il était vraiment beau, en fait. Il a tapé sur l’épaule de Scarz.
    - C’est qui ? a-t-il demandé en me montrant d’un mouvement de tête.
    - Demande à Em, elle se fera un plaisir de répondre.
    - Em ? a demandé le jeune homme, se tournant vers ma correspondante.
    Elle a soupiré en levant les yeux au ciel.
    - Sam, demande-lui, elle comprend parfaitement ce que tu dis. Tu peux même lui parler italien si ça te chante !
    Il s’est tourné vers moi.
    - Bonjour, comment t’appelles-tu, jolie jeune fille ? M’a-t-il demandé en italien.
    - Noémie, et toi ? Lui ai-je répondu, toujours en italien, et en riant.
    - Sam, je suis ravi de faire la connaissance d’une française qui parle anglais et italien, et belle en plus de ça.
    Il parlait toujours italien. J’ai rougi du bout des orteils au sommet du crâne. Nous avons continué à discuter en « Englalian » comme il dit. Jusqu’à l’arrivée du bus au lycée. Ce mec est génial.





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Neville Londubat
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Sam 19 Mai - 22:37

J'adore !!!!!!!!!!!!!! ❤️
Tu as un talent fou ! Very Happy
C'est pour quand la suite ? J'ai hâte !


Now I see fire
Inside the mountain
I see fire
Burning the trees
 
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Dim 20 Mai - 8:16

Oh *-* ! Luna *-* ! Il s'est passé quoi après ?



 
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Jeu 8 Nov - 9:41

Un petit OS parce que ça faisait longtemps. Merci à Annabeth de m'avoir donné un thème que je n'ai pas suivi ! (Et la suite de l'Angleterre va arriver, Nev' ) ♥ Et spéciale dédicace à ma sapineuse, le "Ta gueule" qui lui a tellement plu. :') ♥

ATTENTION ! Après mûre réflexion (Soit une nuit.), ce petit OS aura une suite, mes amis ! Accrochez-vous !

♥ ♥ ♥

L'histoire banale d'un saladier de bonbons.
(Titre prometteur, je trouve. Mouhaha.)


Le soir d’halloween. Ma sœur m’a tirée par le coude.
« Alice, dépêche, s’il te plaît. »
Il y avait une fête chez notre ancienne voisine, et nous avions été invitées, Emma et moi. Ces « Deux petites Louves adorées. » Oui, c’est l’inconvénient de s’appeler Wolf. Et d’avoir deux ans de moins que Christina – l’ancienne voisine en question. Emma, c’est ma jumelle. Donc mon moi, en mieux. Mais vraiment en beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP mieux, quoi. Elle est belle. Elle réussit dans tout. Il n’y a qu’un seul domaine où je puisse avoir le dessus sur ma sœur, c’est l’art de se rendre ridicule. Ça, elle ne sait pas faire, la pauvre.
Bref. Comment on peut être invité à la fête donnée à l’occasion d’Halloween par son ancienne voisine ? Et bien c’est simple. Christina a grandit avec nous. Elle avait beau avoir deux ans de plus, elle a appris à Emma à faire du vélo, et moi, à dessiner. Christina avait toujours été plus proche d’Emma que de moi, c’est vrai. On avait vécu dans la même rue jusqu’à nos… Huit ans ? À Emma et moi, hein. Donc elle en avait dix. Et comme nos parents étaient amis, on se revoyait régulièrement. Christina faisait comme… Partie du paysage, pour nous. Et la semaine dernière, elle avait appelé ma sœur . On était invitées à sa « Méga-super-hyper-supra-soirée-trop-top-giga-mortelle d’Halloween. ». Costume obligatoire. Ahem. Ma sœur, aussi étonnant que cela puisse être, avait choisi Catwoman. Son principal argument ? Il va y avoir toutes ses conquêtes de l’école primaire. Maintenant qu’elle avait de la poitrine, autant leur en mettre plein les yeux. Et comme je n’arrivais pas à me décider, mon adorable sœur m’a imposé le costume de la déesse antique. Soit moi en toile blanche, et elle en combinaison en cuir. Ma sœur, et son sens du « T’es gentille et tu me fais pas de l’ombre. »
Et nous voilà dans la voiture, Emma au volant, sa musique à fond.
Nous sommes toutes les deux rousses. D’un roux assez clair, un peu caramel. Ma sœur, pour parfaire son image, s’était teint sa jolie chevelure d’un noir corbeau, qui faisait ressortir ses yeux bleus et sa peau pâle, et elle cachait ses taches de rousseur sous des tonnes de fond de teint. C’était dommage, à mon goût. Mais je n’avais pas mon mot à dire, de toute façon. Ce n’était que ma sœur.
J’avais toujours gardé ma couleur naturelle, ne voyant pas d’intérêt à en changer, de toute façon.
Quand nous sommes arrivées devant chez Christina, il y avait déjà des voitures partout. J’ai avalé ma salive avec difficulté. Pourquoi j’avais suivi ma sœur ici, déjà ? Les gens du village où nous habitions enfant ne m’aimaient pas. Les enfants me faisaient du mal à l’école. Et aujourd’hui, j’allais me jeter dans leurs bras, habillée d’un drap blanc, d’une ceinture large en cuir brun, de sandales en cuir également, et d’une multitude de bracelets.
Bon. Mon costume était peut-être un peu plus compliqué que ça. Mais vous voyez le topo, quoi.
Emma est sortie du véhicule, et, montée sur ses bottes à talon aiguille, elle était pire que sexy. Je crois que je l’ai jalousée un peu, à ce moment là. Quand la petite vingtaine de personnes qui étaient dehors ont tourné la tête vers elle, bouche bées.
Je me suis un peu plus enfoncée dans le siège de la voiture.
« - Bon, la bonne sœur, tu descends, que je puisse fermer la voiture ?
- ça va pas la tête ? Tu m’as vu ?
- T’es très bien, Alice, sors de là. Tu vas voir, ils vont t’adorer. »
C’était faux, mais je suis quand même sortie, après le regard noir qu’elle m’ait lancée…
Les gens ne me voyaient pas, de toute façon ! Il n’y en avait que pour Emma. Et cette fois, ça m’arrangeait. Vraiment.
Elle m’a trainée dans la maison. C’était grand. Il y avait du monde partout. Christina, en sorcière, nous a sauté dessus.
« - AAAAAH ! Mes petites louves ! LA FÊTE PEUT COMMENCER ! a-t-elle hurlé en serrant ma jumelle contre elle. T’es magnifique, ma chérie, a-t-elle ajouté plus bas à Emma. Et.. OUAH ! Alice, c’est toi ? Mais tu es sexyyyyyyy ! »
J’ai rougi des ongles nacrés de mes orteils à la racine de mes cheveux roux.
Puis elle m’a pris le bras, en indiquant la cuisine à ma sœur.
« Va te servir, chou, qu’elle lui a dit. Toi, par contre, tu viens avec moi.
- M-moi ? ai-je bégayée, surprise qu’elle s’intéresse à moi.
- oui, T-toi. J’ai quelqu’un à te présenter, cocote. Prend le saladier de bonbons, là, et tu vas passer une bonne soirée.
- Oh nooon. Christy, c’est hors de question. Je ne passe pas la soirée à servir tes invités.
- Mais faut pas le prendre comme ça, chou ! J’ai quelqu’un à te présenter, je te dis. »
J’étais sceptique. Mais j’ai attrapé le saladier, et elle m’a tirée sur la terrasse, derrière la maison, demandant à plusieurs personnes « Où est le diable ? »
On a fini par arriver au bout de la terrasse.
« C’est le mec en noir et rouge, là-bas. Il va te plaire. Va lui proposer des sucreries pour engager la conversation. Je te suis pas, les talons dans l’herbe, c’est un cauchemar. Bonne soiréééééeeee. »
Elle a attrapé un crocodile dans le plat que je portais, a mordu dedans, et s’est sauvée, faisant claquer ses chaussures sur les dalles.
Christina débloquait. Je ne pouvais pas aller voir un garçon comme ça, et lui dire « Hey, salut, je m’appelle Alice, ça te dis un bonbon ? Mon ancienne voisine et ma sœur voulaient se débarasser de moi, alors tu vas m’avoir sur le dos au moins vingt minutes ! ça va ? Tu t’appelles comment ? ». Je ne pouvais pas !
J’ai avancé sur la pelouse malgré tout. Je pouvais toujours faire le tour du jardin et rentrer, non ?
Par curiosité, j’ai regardé la silhouette du jeune homme que Chrity m’avait indiqué. Comme s’il avait senti mon regard sur sa nuque, le diable s’est retourné. J’ai cru que j’allais renverser le saladier.
Merde alors. Andrew.

Attention, contexte ! Andrew. Andrew, c’est LE garçon qui a pourri mon enfance. Il a gâché tous mes petits moments de gloire. Jusqu’à mon déménagement. Un grand ami d’Emma, de surcroît.

Je lui ai lancé un regard mauvais. Il a souri.
« On se connaît, jolie déesse ? »
J’ai cru qu’il allait se prendre un coup de saladier sur le crâne. Il n’avait pas changé. Je lui avais pourtant laisser neuf ans. Neuf longues années que j’ai savouré.
« Si tu savais, j’ai marmoné.
- Tu n’es pas décidée à me dire ton prénom, alors ?
- Alice.
- Alice ? C’est joli. Comme Ali…
-Alice au pays des Merveilles. Oui. Je sais. Non, je n’ai toujours pas croisé de lapin en retard. Merci Andrew. Au revoir. »
J’ai fait un demi tour théâtrale mais il m’a rattrapée par le bras. Je ne le pensais pas si près.
« Hé. Comment tu connais mon prénom ? »
Non mais. Il était donc attardé à ce point ? J’avais un peu pitié de lui, faut dire.
« Andrew. J’ai été dans la même classe que toi jusqu’à nos huit ans. Tu m’as pourri l’existence. C’est pas le genre de chose qu’on oublie.
- Mais…
- Oui ! Alice Wolf ! La sœur d’Emma. Oui, Emma Wolf a une sœur. Respire, t’es en apnée.
- Tu parles trop, Alice. »
Il avait insisté sur mon prénom. Il a souri devant mon air mécontent, et a pris des bonbons dans le plat que je tenais toujours.
« Je quoi ?
- Tu parles trop. Je sais très bien qui tu es. J’espérais que toi tu ne m’aurais pas reconnu.
-Raté, ai-je bougonné. »
Non mais c’est vrai. Pour qui il se prenait, hein ? Je n’allais pas me laisser marcher sur les pieds, cette fois. Le règne d’Andrew était terminé.
« Chritina avait raison. Tu es magnifique.
- Ta gueule.
- Hé ! »
J’ai pris une sucrerie, que j’ai posé sur la langue, en appréciant l’acidité. J’ai fermé les yeux. Puis j’ai senti son doigt sur mon nez. MON nez.
« - vire ton doigt d’ici immédiatement. Si tu veux tripoter un nez, je t’informe que tu en as un aussi. Et qu’en plus il a deux narines. »
Andrew a ri. J’ai ragé, et reculé d’un pas. C’était injuste. En plus d’être un emmerdeur de première, il était beau.
« Oh, tu entends ? ma sœur m’appelle. Ciao. »
J’ai tourné les talons et me suis sauvée, semant des sucreries dans le jardin. J’entendais Andrew qui me suivais, mais j’avançais toujours.
« Arrête-toi, Alice, c’est pas drôle !
- Non ! Je ne suis pas venue ici pour te voir, je suis venue pour…
- Faire plaisir à Emma.
- Arrête de faire ça.
- Faire quoi ?
- Lire dans mes pensées. »
Il a ri à nouveau.
« Ca t’angoisse de voir que des gens que tu détestes te connaissent, c’est tout.
- C’est normal. Tout le monde a peur de montrer ses faiblesses. Mais je ne t’intéresse pas. Tu n’es pas censé me connaître.
- Qu’en sais-tu ? Tu m’as toujours beaucoup plu.
- Arrête. »
Il me déstabilisait. Merde de merde de merde alors ! Non ! Je ne voulais pas ! Pourtant ç’a été plus fort que moi, j’ai rougi.
« Avoue-le, Alice, je te plaît aussi.
- Non. Tu te fais des idées. Ne prend pas tes rêves pour des réalités.
- Ah tu crois ? Et si… »
Il m’a attrapée par les épaules, et a écrasé son visage contre le mien. Il l’a eu, finalement, son coup de saladier sur le crâne.
« Raah, mais Alice ! Fait un effort !
- Toi, garde ta langue dans ta poche. »
Il se frottait l’arrière de la tête en grimaçant. J’étais fière de moi, il faut dire.
« Alice, laisse-moi juste t’embrasser, une fois !
- Non ! »
J’aurais dû partir, et aller me terrer dans la voiture, mais… Non. Je suis restée là. Face à mon cauchemar d’enfance. Et quand il a pris mon saladier pour le poser par terre doucement, je n’ai pas réagi.
Il a attrapé mon visage, tendrement, et a juste posé ses lèvres sur les miennes. Il m’a embrassé, et bêtement, je lui ai rendu son baiser.
Quand il a écarté son visage du mien en souriant, j’ai… rougi. Encore.
« Je n’aurais jamais cru embrasser une déesse le soir d’halloween. C’est fou.
- Ah non, hein. J’ai eu un… Moment de faiblesse. C’est tout.
- Ah oui ?
- Oui. »
Je me suis baissée, et j’ai récupéré mon saladier, prenant un bonbon au passage. Christina avait dit quoi, déjà ?
« Bon, Tu veux un bonbon ? »




EDIT : CECI EST LE 56000ème MESSAGE DU FORUM :')




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Gemma R. Prescott
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Jeu 8 Nov - 12:19

J'aime bien *-*
Même si c'est un peu niais, mais j'aime bien *-*
56 000 ème ? Émouvant :')


bébé soit le clown de la classe je serai la reine de beauté en larmes.
 
 
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Lun 7 Jan - 21:23

Cet OS n'a pas vraiment de titre. Pas vraiment de bu. Ni d'histoire. Juste.. De l'écriture automatique. Mais je vous le met quand même. Juste pour vous embêter. Comme ça.

__________

    Et si je m’asseyais sur un banc. Dans un parc, ou dans la rue. Si je contemplais les gens, aller et venir, sans qu’aucun d’eux ne me remarque, sans qu’aucun d’eux ne se doute de mon existence, ou de ce que je peux bien vivre. Certains vont sans doute se sentir épiés, et au bout de quelques secondes, croiseraient mon regard vide, et m’en lanceraient un noir, un air offusqué ridiculement collé à leur visage. J’aime regarder les gens se presser dans les rues. Dans les parcs. Uniquement attentifs à leur petite personne. Ils ne regardent pas ce pauvre sans abri assis par terre, contre le bâtiment administratif. Ils l’évitent seulement, comme si la pauvreté était contagieuse.
    Si tu passais là. Si tu sentais mon regard vagabonder sur ta silhouette. Si tu te retournais, et que nos yeux se croisaient. Détournerais-tu la tête ? Probablement. Tu n’aimerais pas lire ce que tu lis dans mes yeux. Tu n’aimerais pas y voir le désespoir, la peur, la soumission, la haine. Tu n’aimerais pas y voir la souffrance, le dédain et la mort. Voir mon regard vide d’espoir, et déjà éteint te ferais te retourner dans ton lit le soir-même. Tu le sais aussi bien que moi. C’est pour ça que, si tu me regardes, même pendant ne serait-ce qu’une petite seconde, tu pourrais voir sur mon visage un sourire. Pas un sourire sadique. Pas un sourire confiant. Pas un sourire amicale. Ni même un sourire de satisfaction. Juste un léger étirement des lèvres. Que tu ne comprendrais pas. Et ça te ferais peur, de ne pas comprendre. De ne pas parvenir à analyser l’expression du visage d’une pauvre gamine assise sur un banc.
    Si tu pouvais prendre ton courage à deux mains, réunir toute ta volonté et t’approcher un peu. Juste un peu. Quelques mètres seulement, tu verrais que sur mon visage, il y a des douzaines de tâches de rousseur. Et des douzaines de cicatrices. Alors tu reculerais probablement avec précipitation, puis tu te reprendrais. C’est ridicule d’avoir peur d’une gamine, non ? Pourtant tu aurais eu raison de reculer, et de prendre tes distances avec moi. Les médecins me l’ont assez dit. Je suis dan-ge-reuse. Im-pré-vi-sible. Qu’ils aillent au diable, ces médecins, leurs blouses blanches, leur désinfectant et leur façon de s’adresser à moi comme si j’étais idiote. Je ne le suis pas pourtant ! C’est totalement différent ! Ils me parlent comme à une demeurée que je ne suis pas. J’ai été plus maligne qu’eux, pourtant. Puisque je suis habillée avec de vrais vêtements, que je ne porte plus mon bracelet avec mon numéro, et que je suis dehors. Je suis libre. Ils ont échoué à leur précieuse mission.
    Si j’entrais dans une boutique ? Je meurs de faim. La nourriture de l’asile est absolument infecte. Ce n’est pas parce qu’on est dément qu’on peut nous nourrir avec n’importe quoi. Mais la vendeuse me regarderait d’un air inquiet, et presserait le petit bouton rouge sous son comptoir. Un agent de police arriverait. Donnerait mon signalement et je finirais à l’asile. Sûrement dans une cellule sans fenêtre, et insonorisée. Je serais probablement bien emmitouflée dans une camisole molletonnée. Comme à mon arrivée.
    Ce qui me renvois donc à ma première idée. Si je m’asseyais sur un banc. En tailleur, parce que je ne supporte pas de m’asseoir dans la position adoptée par tout le monde, je suis en effet incapable de m’asseoir de façon socialement correcte. Si tu passais dans la rue, si tu me regardais avec le même regard perçant que je pose sur les gens qui passent devant moi. Si tu pouvais t’assurer que je ne te voie pas. Si c’était possible, tu pourrais m’observer. Tu verrais une jeune fille frêle. Quinze, seize ans peut-être. Trop maigre. Les joues creuses. Ses vêtements – je remercie encore ma cousine, ma gentille cousine ligotée, nue, dans le placard de ma chambre, à l’asile – trop grands pour elle. Si tu m’avais laissé poser mes yeux sur toi. Croiser ton regard, tu aurais provoqué mon hilarité. Je n’ai pas ni quinze, ni seize ans. J’en ai vingt-deux. Les médecins disent que je suis folle. Mais je ne suis pas folle. Ils ne l’ont pas diagnostiqué, mais je sais qui je suis. Enfin non. Je sais ce que je suis. Je suis schizophrène. Et je suis dan-ge-reuse ! Et si, alors que tu passes dans la rue, je te regarde, et je me perd ? Si je faisais ce qu’ils appellent une crise, et si je devenais une autre ? Un animal ? Que ferais-tu ? Te sauverais-tu en courant ? Oui. Je le sais. J’en suis convaincue. Si je m’asseyais sur un banc. Dans un parc, ou dans la rue. Si des enfants passaient devant moi. Si une personne vulnérable passait dans mon champ de vision, qu’en ferais-je ? Je ne comprends pas mes propres réactions. Je ne les contrôle pas. Je suis entrée dans ce parc malgré tout. Et je vois ce grand toboggan. Si haut. J’aurais adoré grimper là-dessus, gamine. Je regarde ces enfants qui se pressent pour se laisser glisser sur la surface lisse du jeu. Je regarde les barres qui le soutiennent. Je baisse les yeux vers mes chaussures, trop grandes, et fixe mes lacets. Je les dénoue, lentement. Les enlève. Les attache l’un à l’autre. Et je suis les mômes sur le toboggan. J’attache solidement mes lacets à la barre. Manquerait plus que je tombe. Je fais ce nœud, que je connais si bien. Les femmes qui elles se sont assises sur les banc comprennent et ramènent leurs bambins dans leurs poussettes, horrifiée. Je ne fais que ce que j’ai à faire. Je ne ferai plus aucun mal à personne en perdant le contrôle. C’était la dernière fois, à l’asile. Je ferme les yeux, en espérant qu’on trouve ma pauvre cousine nue comme un verre dans mon placard. Et je saute enfin.




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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Lun 4 Mar - 22:44

Elle parcourt les pages de parchemin jauni avec une volonté proche de la frénésie. La sueur lui brûle les yeux, mais cela ne fait que renforcer sa détermination. Elle replace une mèche de cheveux derrière son oreille.
- Ne sais-tu donc pas t’arrêter ?
La jeune femme tourne la tête vers l’entrée de la tente, où se tient un homme aux cheveux blancs, entre deux âges.
- Ce n’est pas pour le travail, cette fois, si ça te rassure.
L’homme sourit, alors que sa fille replonge dans sa paperasse. Il pose sur elle un regard plein de tendresse. Elle ressemble tellement à sa mère.
- Je t’avais dit de ne pas venir. Que tu allais t’ennuyer.
- Je sais. Mais j’espérais que comme nous ne nous étions pas vus depuis presque sept ans, tu aurais un peu de temps à m’accorder.
- Xenophilius, soupira la jeune femme.
- Papa, la corrigea son père.
- Tu sais très bien pourquoi je suis partie.
Il baisse les yeux. Il ne le sait que trop bien. Elle le lui a assez répété. Assez écrit. Assez hurlé sans qu’il ne réagisse. Alors elle avait fait ses valises, et elle était partie au fin fond de l’Afrique.
- Luna, s’il te plaît…
- Non. Je suis occupée. Tu n’avais qu’à rester chez toi. Comme je te l’ai suggéré. Va faire du thé sans eau, si tu t’ennuies.
- Cesse d’être aussi cynique, je te prie.
- Tu es mon père et je te dois le respect, peut-être ?
- En effet.
- Non. Non, je ne suis pas d’accord avec ça. J’ai vingt-six ans. Plus huit. Tu n’as pas été là quand j’avais besoin de toi. Alors ne vient pas me dire que maintenant que je vis pour moi, sans t’attendre, que je te manque. Je te prie de sortir à présent.
- Ma chérie, écoute-moi, s’il te plaît.
- Non ! Non, je ne t’écoute pas. Maman est morte, Lyle est mort, Cedric est mort, Mary est morte, tu es mort et Kayla est quelque part au fin fond de l’Amérique. Je me suis retrouvée toute seule. Alors je suis venue ici.
- Je ne suis pas mort, Luna.
- Si. Tu es mort en même temps que maman.
Ces mots eurent l’effet d’un poignard sur le sorcier. Il est sorti prestement de la tente. Sa fille était tout ce qu’il avait. Tout ce qu’il lui restait. Et elle le rejetait. Ça le brisait.
La petite blonde s’est penchée sur son bureau, relevant ses cheveux, qu’elle avait à présent courts, en un chignon artistique. Il faisait tellement chaud sous cette tente ! Mais hors de question de sortir. Elle avait du travail. Et elle ne voulait pas encore croiser son père.
Luna lisait et relisait des pages qu’elle connaissait pourtant par cœur depuis fort longtemps. Le journal de Lyle. Elle en connaissait chaque virgule, chaque trace laissée par une larme qui a coulé il y a fort longtemps.
C’était son passe-temps. Sa façon à elle de se remémorer sa pauvre condition de mortelle. La charmante enfant un peu délurée que Poudlard avait connu avait bien changé. Trop, peut-être, même. Sa longue chevelure blonde emmêlée avait été coupée juste au dessus des épaules de la demoiselle, dont le visage avait perdu les joues enfantines. Ses yeux bleus, eux, avaient perdu cette teinte étrange, cette touche d’innocence et de rêverie. La petite Luna ingénue avait laissé place à une jeune femme cynique, que la douleur avait enfermée dans un cachot de solitude.
Quand la toile s’est à nouveau froissée, Luna allait hurler à son père de rentrer chez lui, mais lorsqu’elle s’est retournée, elle a vu un homme brun.
- Votre père vient de transplaner. Je me suis dit que… Vous ne voudriez pas être seule, en ce moment.
Les larmes perlèrent aux yeux de la sorcière. Cet homme, qui lui faisait face, avait été avec elle à Poudlard. Il était à Poufsounffle, avec Cedric. Non. Non. Elle avait tenu dix ans sans craquer. Ce n’était pas le moment.
- Je vous remercie, Rolf, tout va très bien.
Il est sorti alors que la sorcière s’écroulait sur le sol. Elle lui en aurait voulu s’il s’était approché, alors il est simplement sorti.
Luna l’avait toujours intriguée. Déjà à Poudlard. Il émanait d’elle une douceur incroyable. Une sérénité et une innocence indescriptible. Qu’avait-il pu se passer pour qu’elle change ainsi ?
Une fois dehors, ébloui par le soleil couchant, il a écouté Luna sangloter doucement dans la tente, debout, les mains plantées dans ses poches.
La femme aux poignets striés de cicatrices encore plus blanches que sa peau piquait toujours à vif sa curiosité. Il ne comprenait pas comment elle fonctionnait. Elle était passionnée par son travail de naturaliste, et quand elle ne travaillait pas, pouvait passer des heures entières le regard dans le vide, assise sur un rocher. Ou se mettre à hurler, et fracasser tout ce qu’elle trouve. Il lui arrive aussi de s’asseoir au bureau, sous la tente, et de lire. Toujours les mêmes pages. On dirait des lettres ou… Un journal intime. Le parchemin a l’air vieux comme le monde.
Cette Luna si différente de celle qu’il avait cru apercevoir quelques fois à l’école était imprévisible. Douce. Colérique. Pédagogue. Intolérante. Ici. Ailleurs. Vivante. Morte.
Ils travaillaient ensemble depuis maintenant trois ans. Ils partageaient la même tente depuis trois ans. Et pire que ne pas la connaître, il n’arrivait pas à la cerner. Luna était tellement imprévisible qu’elle ne pouvait être que plusieurs.
Au bout d’une heure, les sanglots ont cessés et Rolf a écarté le pan de tissu qui le séparait de la jeune femme. Elle s’était endormie au sol, roulée en boule, en position fœtale. Naturellement, il l’a portée pour la poser sur sa couchette. La sorcière était d’une légèreté alarmante. Il ne l’avait vu que très rarement manger.
Plongée dans un sommeil profond, les traits du visage de Luna étaient détendus. Elle était d’une beauté éblouissante, ainsi. Les joues barbouillées de larmes, les lèvres rougies par le sang, et pourtant étirées d’un sourire enfantin.
Le sorcier s’est appliqué à ramasser toutes les pages qui avaient volées dans la tente. Elles étaient toutes signées d’un « Lyle » qui n’était jamais venu voir sa collègue. Il s’en serait souvenu. Elle n’avait reçu que trois visites depuis qu’ils travaillaient ensemble. Harry Potter, le garçon qui a survécu, avec sa femme et ses enfants, qui sont restés quelques jours, une demi-déesse dont le nom lui avait échappé, qui maîtrisait les eaux, et aujourd’hui son père.

Il y a eu de l’agitation dehors, et Rolf est sorti pour allumer un feu. Luna s’est retournée sur sa couchette. Enfin une nuit tranquille. Cela faisait des mois qu’elle n’avait pas dormi comme ça. Ses rêves étaient paisibles. En fait, cela s’apparenterait plus à des souvenirs. Des images. Des instants. Sa mère, penchée sur la table de la cuisine, un biscuit entre les dents. Lyle et Cedric riant aux éclats. Mary et ses oiseaux. Kayla perchée sur une branche d’arbre. Neville déracinant un rosier avec un air de triomphe. Un cours de divination. Un sombral. Une teinte de bleu. Un air de musique. Un parfum de vanille. Des pas de danse, et un feu de cheminée. Une écharpe rouge. Un clin d’œil.
Puis un alignement de tombes.
Mary est morte. Une épée dans le ventre. Un sifflement au bord des lèvres. Lyle est mort. Une balle dans le crâne. Un journal. Sa mère est mort. Un sort de travers. Une photo sur la table de nuit. Kayla est partie. L’Amérique à conquérir. La douceur des vagues léchant leurs pieds. Cedric est mort. Volatilisé. Un vide dans la poitrine.
Un coup de feu. Un hurlement. Une lueur rougeoyante. Luna s’est redressée sur sa couchette. Le coup de feu. Le hurlement. Les flammes. Elle ne rêvait plus.
La sorcière est sortie de la tente en courant. Un mur de flammes lui barrait la route.
- ROLF ! s’époumone-t-elle. ROLF !
Un hurlement lui parvient. Luna sort sa baguette. Un Aguamenti plus tard, elle courait pieds nus sur la roche rouge gelée par la nuit.
- Où est-elle ? demanda une voix masculine, rendue plus grave par les fumées qui saturaient l’atmosphère.
C’est alors qu’elle les a aperçus. Rolf, plaqué contre une falaise à une dizaine de mètres du sol, les mains contre sa gorge, sur le point d’étouffer, et un homme brun, baguette levée, qui menaçait de le tuer.
- Son père est venu. Je suis sûr qu’elle est là. OÙ EST-ELLE ?
Luna allait intervenir, mais le regard aussi paniqué que dissuasif de son collègue la fit rester en arrière.
- Lâchez-le.
C’est tout ce qu’elle a dit. Et la baguette de l’inconnu est tombée au sol en même temps que le naturaliste. La sorcière a couru vers ce dernier. Il était à demi conscient, mais respirait encore. Elle s’est assise à genoux et l’a tiré contre elle.
- Rien de cassé ?
Il a émis un rire rauque, alors qu’elle lui caressait les cheveux.
- Moi qui étais persuadé que vous me détestiez !
- Disons que je me suis attachée avec le temps.
Elle a ri doucement. Il ne l’avait jamais entendu rire. Pas une fois en trois ans. L’homme derrière eux s’est effondré lui aussi. Il ne cessait de murmurer le prénom de Luna d’une voix étranglée. Mais cette dernière aidait son ami à se relever.
Il l’avait enfin retrouvée. Il la cherchait depuis si longtemps. Et elle ne l’avait même pas reconnue.
Les flammes avaient nettement diminué et Rolf, appuyé sur la jeune femme, pu rejoindre la tente.
Un hurlement. De rage. De souffrance. Luna a fermé les yeux un bref instant. Elle ne voulait pas reconnaître ce timbre de voix. Elle en avait assez que son imagination lui joue des tours à longueur de temps. Ça avait commencé avec Lyle, quelques mois après sa mort. Elle l’entendait rire. Elle le sentait marcher à côté d’elle. L’entendait ronfler la nuit.
Puis à la mort de Cedric, quand le lien d’empathie s’est brisé, Luna n’a plus rien ressenti. Même plus ses propres sensations et sentiments. Plus une seule émotion. Rien. C’est revenu au fil des mois. Lentement. C’est là qu’elle a commencé à se mutiler. Elle fait ça pour garder les pieds sur terre. Pour se convaincre qu’elle est vivante. Que sa vie lui appartient encore.
Une fois Rolf allongé sur sa couchette, elle a couru au bureau. La lettre de Lyle était posée bien en évidence sur la pile de parchemins. Luna a grimacé et saisi le coupe-papier.
- Luna ?
La jeune femme a planté la lame dans son bras. Cette voix, dehors. Ces hurlement de souffrance. Ce ne pouvait être que lui. Ce ne pouvait pas être lui, c’était impossible.
- Luna !
Le sang dégoulinait par terre. Mais les cris parvenaient toujours aux oreilles de la jeune femme. Non ! Non ! D’habitude, une fois qu’elle avait mal, ça s’arrêtait ! Non ! Pourquoi ?
Une main puissante a arraché le coupe-papier du bras de la sorcière.
- Arrête, Luna.
Elle a levé ses yeux bleus vers son collègue, posant sur lui un regard plein d’une rage désespérée. Il a appuyé sa main libre sur la plaie béante.
- Vous ne l’entendez pas alors ?
Les larmes menaçaient de la submerger.
- Le malade, dehors ? Si. Il va partir, Luna.
- Non ! Non, vous ne comprenez rien ! Il ne va pas partir. Il… Il faut que je sache.
Le regard fou, Luna a poussé le jeune homme avec violence et est sortie de la tente.
Il était là. En boule, sur le sol. En pleurs. Hurlant. Gémissant. Souffrant.
Le sang coulait toujours du poignet de la sorcière qui s’est approchée prudemment. Elle s’est agenouillée près de cet homme qu’elle ne connaissait pas. Il avait les yeux clos. Le visage barré d’une cicatrice récente, encore rosée. Les traits tirés. Luna a simplement effleuré son visage. Du bout des doigts. Ç’a été comme recevoir un éclair en pleine poitrine. Ils ont tous les deux été projetés à une cinquantaine de mètres d’un de l’autre.
Un bourdonnement horrible dans les oreilles, Luna s’est frotté l’arrière du crâne alors que l’inconnu, plus loin, se tenait le poignet en serrant les dents, ses doigts laissant filtrer une lumière verdâtre. La sorcière ressentait tout. Tout ce qu’elle devait ressentir, et plus encore.
Ce ne pouvait pas être quelqu’un d’autre. Même pas la peine de parler. Luna a éclaté de rire, appuyant sur sa plaie. Elle s’est relevée et a couru vers Cedric. Elle allait le serrer dans ses bras, mais elle a eu un mouvement de recul, alors qu’ils se tordait de douleur au sol, et qu’elle le couvrait de sang.
- Dis-moi seulement que je ne rêve pas cette fois, Cedric.
Elle a croisé son regard, et ça lui a suffi. Sa douleur. Et ses yeux verts. C’était suffisant. Peu importe si c’était vrai, ou si ce n’était qu’une nouvelle illusion. Mais elle allait s’y accrocher. Elle voulait tellement y croire.




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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Mer 27 Mar - 21:17

Des fois (souvent.) la semaine, quand vous vous dormez parce que vous avez cours le lendemain matin très tôt (Mouhaha.), et ben je m'ennuie, et je suis toute seule sur le forum. Alors je supplie Annabeth de me donner un thème. Et mardi de la semaine dernière, j'ai fait un Une Heure Un OS toute seule comme une grande (arrête de rire, Mary.) et... voilà quoi. Je vais pas ouvrir un sujet dans la partie 1H1OS, alors que j'étais la seule à participer. Mais devinez quoi ! J'ai gagné. Cool
Bref. Le thème : RADIOACTIF (merci les Imagine Dragon.)

_______________

J’ai pris ma tête dans mes mains, les genoux ramenés contre la poitrine, me balançant d’avant en arrière, les yeux clos. Sur mon lit d’hôpital, j’étais entre la lucidité parfaite et la folie destructrice. Un mois, déjà, que j’étais enfermée en quarantaine. Foutu cancer. J’avais besoin de parler à tout prix. Et pas de parler toute seule. De parler à quelqu’un. Qu’on me serre dans ses bras. Qu’on me dise que je ne suis pas un monstre. Même sans cheveux. Même avec des tuyaux partout. Même sans thyroïde.
Les larmes coulaient sur mes joues creusées par la maladie. Mes frères me manquaient. Ma mère me manquait. Mes amis, du temps où j’en avais, me manquaient. Le lycée. Les heures de colle. Courir. Marcher. Tout ça me manquait terriblement. Exactement trente cinq jours et sept heures sans voir que les infirmiers, masqués, gantés, et pas plus de cinq minutes à la fois. Pas une seule visite. Ils n’avaient pas le droit. Trente cinq jours et sept heures que ma mère avait signé ce papier, qui engageait mon corps dans des pratiques scientifiques nocives au possible. Qui détruiraient le cancer et ma vie avec.
Ils avaient fait passé un liquide dans ma thyroïde, pour détruire les cellules cancéreuses. « C’est très bien supporté par les jeunes personne, tu sais, Amandine. » « Tu verras, tout ira bien. » « Tu auras une vie totalement normale après cette intervention. » Ah, les mensonges des médecins. Plus destinés à ma mère qu’à moi, d’ailleurs. Très bien supporté par les jeunes personnes. J’ai dix-sept ans, considérons cela comme jeune. Mais psychologiquement, comment voulez-vous qu’un adolescent supporte bien l’isolement total ? Tout ira bien. Je vomis rien qu’à l’idée de manger, alors que je crève de faim. Mais tout va bien dans le meilleur des mondes. J’ai seulement le cancer, après tout ! Ca pourrait être pire, non ? Je pourrais… être morte ? Ouais, et ben ce serait préférable, je crois. Ils m’avaient promis une vie totalement normale. Mais où sont mes cheveux ? Mes cils ? Mes sourcils ? Où sont mes amis, ma famille ? Ma maison ? Sûrement pas ici. En apprenant que j’étais malade, la plupart des gens ont cessé de se comporter normalement avec moi. Comme si le cancer était contagieux. Les rares personnes qui sont restées avec moi ont maintenant interdiction stricte de m’approcher. À cause de ce liquide à la con et de ces radiations. « Tu vas voir, Amandine, la médecine nucléaire, ça fait des miracles, ça sauve des vies ! » Certes. Mais pas la mienne. Avant, j’étais cancéreuse, et ça suffisait à chasser les gens. Maintenant, je suis radioactive ! Il ne manquait plus que ça. Non. Le comble, ce serait que je meure. Ou que mon cancer se généralise, puis que je meure.
J’ai planté mes ongles le plus profondément possible dans la peau de mon front.
« Mademoiselle ! » couine une nouvelle infirmière en entrant dans ma chambre, une charlotte sur la tête, des gants en plastique épais, et un masque sur le visage.
Je tourne la tête vers elle avec dédain.
« Quoi ? Même plus le droit de crever en paix ? »
La vitre derrière elle me renvoyait mon reflet. Je n’avais plus rien à voir avec la gamine joyeuse entourée de ses frères sur la photo de ma table de nuit. Plus rien. Pas un seul cheveux sur le crâne. Ni aucun cil. Ni sourcil. Les yeux injectés de sang. Maigre à faire peur. Une perfusion sur la main, des tuyaux dans les narines, et huit marques sanglantes sur le front.
« Je… »
« Vous voulez quoi ? »
« Prendre vos constantes. Vous pourrez sortir d’ici peu, si tout va bien. »
Mais qu’ont-ils tous, avec leur tout va bien ? J’avais envie de la gifler. De lui hurler de sortir. Je ne voulais pas rentrer chez moi. Etre dangereuse pour les gens que j’aime. Je ne voulais pas qu’ils me voient comme ça. Je ne voulais pas que la maison devienne mi-prison, mi-hôpital. Hors de question.
La petite dame notait ce qu’elle lisait sur les écrans près de mon lit. J’ai voulu tendre la main vers elle, et ce simple effort m’a épuisée. Elle a reculé, effrayée. Un monstre. Je suis un monstre. Elle sort précipitamment. Et un homme, vêtu d’une combinaison bleu ciel, entre, un plateau dans les mains.
« Tâchez de manger, cette fois, Amandine. » qu’il dit, un sourire qu’il veut sans doute réconfortant sur le visage.
« Je n’ai pas faim. »
« Forcez-vous, allons. »
Un éclair. Une idée. Je prend le couteau et le cache sous mon drap.
« Excusez-moi. Je n’ai pas de couteau. »
Il lève un sourcil, s’éclipse, puis reviens, le couvert dans les mains, qu’il pose sur la tablette, près du plateau, devant moi.
« Et bonne appétit, jeune fille ! »
Il s’appelle Lorenzo. Un des rares infirmiers à me traiter comme une personne, et pas comme un rat de laboratoire. Il va me manquer.
Le problème, à l’hôpital, c’est qu’ils comptent scrupuleusement le nombre de couverts qu’ils ont. Ils vérifient en venant récupérer nos plateaux, si tous les couverts sont dessus. Pour notre sécurité, vous comprenez.
Une fois la porte refermée derrière Lorenzo, je fais mine de m’intéresser au contenu de mon assiette, et le peu que j’avale remonte aussi sec. Une jeune femme passe récupérer mon plateau, m’adressant une regard compatissant complètement grotesque. Une fois qu’elle est dehors, j’arrache les tuyaux un a un. Cathéters. Oxygène. Thermomètre. Tout. Je prend ensuite soin de retirer les électrodes de ma poitrine. Toutes les machines s’affolent. Mais le temps que les médecins se changent, je peux encore en finir.
La lame est épaisse, et peu tranchante. Un stylo aurait sans doute été préférable. Mais je n’en avais pas. Tant pis. Je ne peux pas m’arrêter si près du but. Je ne vivrai pas radioactive. Hors de question.



- Quelques minutes plus tard, deux médecins et un infirmier sont arrivés dans la chambre de la jeune fille. Les appareilles hurlaient. Amandine était allongée sur le dos, un couteau de cantine profondément enfoncé dans la tempe gauche, un sourire paisible sur le visage. -






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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Jeu 28 Mar - 19:44

Héhé, j'adoooooooooooooooooooooore.
Sérieux les gens, lisez, commentez, adorez, admirez ! C'est juste magnifique. J'aime ! ♥️ sapin


 
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MessageSujet: Re: Les OS d'un Petit Lu :)   Mer 24 Avr - 12:05

On m'a donné deux thèmes : Le premier, la jalousie. (Annabeth) Le second, un OS avec une voiture (Merci Mary !). Soit. Je me suis amusée. Et merci à Annabeth. Encore. ♥

--


La jalousie. C’est terrible, la jalousie. Ça vous ronge. Ça vous bouffe, la jalousie. C’est dangereux. Ça s’insinue partout. Ça détruit une vie, la jalousie.
Je ne sais plus comment je me suis retrouvée là. Cette douleur, à la tempe. Aux jambes. Au ventre. Je me sens broyée. Ecrasée. Découpée. J’ai mal partout en même temps. Un goût immonde d’essence et de sang dans la bouche. La voiture est immobile, couchée sur le bord de la route. Je vois encore le paysage qui défile, tournant sous mes yeux, j’entends encore les hurlements de Mia, dans son siège bébé, derrière-moi. D’ailleurs, tout est étrangement silencieux depuis que la voiture s’est arrêtée. Depuis que ma tête a heurté le volant. Je n’entends plus rien, depuis le choc, en fait. Même plus ma propre respiration.

+ Deux heures auparavant +
- Tu as vu ça, Mia ? Un jour, on aura ça, à la maison.
Je regarde la vitrine, appuyée sur la poussette de l’adorable fillette dont j’ai la garde, rêveuse.
La gosse me répond par un gazouillis amusé. Elle ne comprend pas. Elle est trop petite. Je tends son biberon à ma sœur. Et j’avance. Il faut rentrer à la maison. La pluie menace. La nuit est sur le point de tomber. Et Maman va encore hurler. Parce qu’on n’a plus d’argent pour lui payer sa coke. Mais les quelques petits boulots que j’enchaîne ne suffisent qu’à nous nourrir et à faire garder Mia le temps que je bosse.
Mia, d’ailleurs, s’agite dans sa poussette.
- Oui, princesse. On y est presque. Patience mon cœur.
Je presse le pas, et alors que les premières gouttes s’écrasent sur ma capuche, nous passons la porte de l’immeuble en ruine que nous habitons. Je sors la petite de son carrosse, et la porte jusqu’à notre appartement, abandonnant la poussette dans le hall que plus personne ne fréquente.
- ALICE ! Ramène ton cul, sale feignasse !
Je dépose Mia dans son lit-parc et l’embrasse sur le front avant d’aller rejoindre ma mère.
- J’veux plus que tu sortes avec elle.
- Quoi ?
- Mia. Elle est à moi. Elle reste avec moi.
- T’es encore ivre, Maman…
- Ta gueule. C’est la mienne, tu entends ? À moi.
J’ai fait demi-tour, pour ranger nos maigres achats dans le frigo.
- ALICE !
J’ai fait comme si je ne l’entendais pas. Une fois la bouteille de lait au frai, je me tourne vers l’adorable bébé, debout, accrochée au bord de son lit, qui me fixe de ses grands yeux bleus terrorisés comme chaque fois que notre mère vocifère. Je lui souris, mais c’en est trop pour elle, et elle se laisse tomber sur les fesses en pleurant.
Je vais la prendre dans mes bras, la cajoler, jusqu’à ce qu’elle se calme, mais elle ne se calme pas. Elle se cramponne à moi comme si j’étais sa bouée de sauvetage, ce que je suis sûrement.
Parfois, j'aimerais bien être une graine de pissenlit - sans famille, sans passé, débarquant dans ce monde sans préavis comme un mouton de poussière sous un meuble. Mais j’ai Mia. Mia, c’est… Mia c’est toute ma vie. C’est ma raison de me lever le matin. Mia, c’est mon oxygène. Mon alibi pour sortir de cet appartement ridiculement petit, enfumé, et puant la pisse. Invivable. Surtout pour elle.
Plus la petite pleure, dans mes bras, et plus ma mère hurle depuis le salon. Je vais devenir folle. Je vais devenir folle. Je vais devenir folle. Je vais devenir folle. Si je ne le suis pas déjà. La vieille se tait enfin, et Mia s’endort dans mes bras. Assise dans le couloir, le souris doucement, et commence à me détendre.
Elle titube, je l’entends qui renverse un meuble. Je la vois débouler, au bout du couloir. Le regard fou. Elle marmonne quelque chose d’intelligible. Comme un refrain. En boucle.
Elle s’approche de nous, grognant, puant l’alcool. Mia ouvre les yeux, sursautant à la cacophonie que fait notre mère. « À moi. À moi. À moi. » Alors je comprend.
- Maman. Maman, non, maman.
- La mienne. À moi.
Mia me lance un regard paniqué. Je me lève, la serrant contre moi. Je trébuche. Me redresse. Mia n’est pas sa chose. Elle n’est pas à elle. Je suis tout pour elle. Je lui ai trouvé son prénom. Je l’ai nourrie. J’ai arrêté mes études pour m’occuper d’elle. Je l’élève. Mia est ma fille plus que la sienne. Ce n’est pas son enfant. C’est seulement le fruit de ses entrailles. Et c’est injuste. Ô comme c’est injuste. Mia devrait être mon bébé. Légalement. Génétiquement. En tout point.
- À moi !
Elle tente de me courir après, mais même avec la petite dans les bras, je suis plus rapide qu’elle. Je me précipite dans notre chambre, à Mia et moi. Je verrouille la porte, et l’assois sur le lit miteux.
- Bouge pas mon trésor. Je vais te sortir de là.
Je balance un sac de sport grand ouvert à côté d’elle, et y lance des biberons, des couches, quelques fringues, à elle, à moi. Une boîte de lait maternisé. Le sac est vite plein. Trop vite à mon goût. Mais en prendre un second serait m’encombrer. Je glisse nos papiers d’identité à l’intérieur, alors que ma mère tambourine à la porte et que Mia commence à paniquer. Le temps que je ferme le sac, elle me tend les bras presque désespérément. Je place la lanière du sac sur mon épaule, et coince la petite sur ma hanche. Ma mère tente d’enfoncer la porte. Inutile d’espérer sortir par là. Je parcours la pièce du regard. Des murs. Des murs. Une fenêtre.
- À MOI !
- NON !
La fenêtre. Vite. La poignée de la porte tremble. Le verrou va lâcher. La fenêtre. Je l’ouvre, me penche à l’extérieur. Deux mètres. Nous sommes à deux mètres du sol. J’attrape une écharpe sur le lit, et harnache Mia à moi. Puis je me hisse dehors. En équilibre précaire sur le rebord de la fenêtre, je tend le bras vers la gouttière à ma droite. Il me manque quelques centimètres. Je me décale précautionneusement. Je tiens à peine. Le poids du sac et du bébé m’entraîne en arrière. Mais je ne peux pas la laisser tomber. Hors de question. Je lâche le sac. La porte tremble violement. Ma mère hurle toujours. Mia n’est pas à elle. Elle est à moi. Je m’accroche à cette idée autant qu’aux fissures du mur dans lesquelles j’ai glissé mes doigts. Je tente à nouveau d’atteindre la gouttière. Les gons de la porte cèdent quand je m’en saisis enfin, et c’est sous les yeux ébahis de ma mère, rendus vitreux pas l’alcool, que je me laisse glisser jusqu’au sol. Je ramasse le sac. Et je cours. Je cours le plus vite possible.
J’aperçois un dealer, près de sa voiture, dont le moteur tourne encore, qui tend un petit paquet à un des drogués du coin. Je ne réfléchis pas plus. Une voiture. La seule solution.
- Désolée !
Je m’engouffre dans le véhicule, démarre, et me sauve le plus vite possible. Je passe les vitesses les unes après les autres. Arrivée dans un coin plus calme, en ville, je m’arrête. Mia, toujours sur mon flanc, est cramponnée à moi, terrorisée. Le sac est sur le siège passager. Je me retourne. Une banquette de cuir blanc. Pas de siège bébé. Quelle merde. Je roule lentement, chantant une berceuse à la petite, surveillant le contenu les voitures de chaque côté de la rue. Quand l’une d’entre elles contient enfin le précieux siège, je me précipite dessus. Miracle, elle est ouverte. Je prend le siège et me dépêche d’aller le mettre dans l’énorme 4X4 que j’ai dérrobé. J’y sangle ma sœur, en l’embrassant sur le front. Je suis sur le point de remettre le contacte quand ils débouchent au bout de la rue. Trois voitures comme la mienne. De la fenêtre de l’un deux, le dealer et ancien propriétaire du carrosse dans lequel je me trouve. Bordel de merde. Je passe la première. Les maisons défilent devant les fenêtre. Seconde. La zone industrielle est déserte à cette heure-ci. La nuit est tombée. Troisième. Un virage serré, et j’accélère de plus belle. Quatrième. Une petite route escarpée. Elle mène sur la montagne. Ils ne me suivront pas. Cinquième. Ah, ben peut-être que si, en fait. Quatrième. La route est sinueuse. Mia pleure, et se débat dans son siège auto. Troisième. Il faut ralentir. Je vais me prendre un arbre dans un virage. Quatrième. Je meurs d’envie de me retourner pour l’embrasser et la rassurer. Cinquième. Dans les films, ils s’en sortent toujours, non ? Quatrième. On les a semés ? Cinquième. Euh. J’ai un doute. Freins. Merde. Merde. Merde.
La jalousie. C’est terrible, la jalousie. Ça vous ronge. Ça vous bouffe, la jalousie. C’est dangereux. Ça s’insinue partout. Ça détruit une vie, la jalousie.
Je ne sais plus comment je me suis retrouvée là. Cette douleur, à la tempe. Aux jambes. Au ventre. Je me sens broyée. Ecrasée. Découpée. J’ai mal partout en même temps. Un goût immonde d’essence et de sang dans la bouche. La voiture est immobile, couchée sur le bord de la route. Je vois encore le paysage qui défile, tournant sous mes yeux, j’entends encore les hurlements de Mia, dans son siège bébé, derrière-moi. D’ailleurs, tout est étrangement silencieux depuis que la voiture s’est arrêtée. Depuis que ma tête a heurté le volant. Je n’entends plus rien, depuis le choc, en fait. Même plus ma propre respiration.
- MIA ! MIA !
Je me tortille sur mon siège. Je me détache, me retourne. Elle n’est plus dans son siège. Elle gît à côté, son cou ayant un angle étrange. Trop peu naturel pour qu’elle aille bien. Merde. Bordel de merde.
- MIA.
Un cri de désespoir. Un cri qu’elle n’entend pas. Car elle est morte. Je le sais très bien. Non. Non. Non. Mia. Non. Pas elle. Pas mon bébé. Pas ma Mia. Non.
On me tire en arrière. On me sort du véhicule. On me parle. Je vois des lèvres bouger, mais je n’entends rien. Mia. Mia est morte. Mia. Ma Mia. On pointe sur moi une arme à feu. Qu’ils en finissent. Mia est morte. Mia. Mia. Mia. Je n’entend pas le tire, mais je le ressent. Mon corps en tressaute. Je sens mon sang se vider sur les épines de sapin qui jonchent le sol. Je pleure. Mais pas pour moi. Pour Mia. Et dans un dernier sanglot d’agonie, je crie son nom, alors que juste à côté de moi, les cris d’un bébé blessé se font entendre.




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