Il était une fin.

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Luna Lovegood
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« Sorcière »
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Humeur :

MessageSujet: Il était une fin.   Jeu 1 Mai - 21:20

« En toute chose, c'est la fin qui est essentiel. »
Aristote


Dernière Danse.


Sourires entendus. Pour la première fois depuis des années, des siècles même, les deux grands mondes magiques se sont mis d'accord sur quelque chose à l'unanimité. Ils ne sont pas certains d'avoir pris la bonne décision, mais elle est prise. Elèves de Poudlard et demi-dieux. Dieux et sorciers. Créatures de toutes sortes et de tous horizons. Ce sera ce premier mai, date rendue symbolique par la chute du Seigneur des Ténèbres.

Larmes prévisibles. Ils y ont vécu des années, que ce soit un camp, une colonie ou une école. Savoir que c'est la fin est difficile pour la plupart des jeunes, et encore plus pour les adultes qui les encadrent. On voit monsieur D. verser sa petite larme, et le professeur McGonnagal réprimer un sanglot. L'émotion est palpable partout, et les dieux eux-mêmes se sont déplacés pour l'occasion.

Regards mélancoliques. Harry, serrant Ginny dans ses bras, regarde une dernière fois ce château qu'il a tant aimé. Percy, lui, a enfoui son visage dans les cheveux blonds d'Annabeth pour ne pas voir la Colonie se désagréger sous ses yeux. C'était leur décision à tous. Jason, Percy, Harry, Neville, Annabeth, Hazel, Rachel, Luna, Zeus, Hagrid... Ils étaient tous d'accord. Mais à tous, cette décision brisait le coeur. Alors qu'ils voyaient pour la toute dernière fois leur chez-eux, le seul endroit où ils se sont sentis en sécurité, ils imaginaient un monde sans Poudlard. Sans leur Colonie. Sans le Camp de Lupa. Etait-ce possible ? Allaient-ils survivre ?

Souvenirs douloureux. Personne ne les a oubliées ces guerres. Elles ont trop durées. C'était trop dur, pour trop de monde. Qui ne se souvient pas de la mort de Fred ? De celle de Silena ? Ou encore de celle de Bianca ? Tout le monde gardera ces instants horribles en mémoire, totue leur vie. Il faut mettre un terme à toute cette souffrance. C'est le but premier de cette grande décision.

Discours magiques. Partout à travers le monde se tienent des réunions pendant lesquelles on exhibe des portraits tels que ceux de Dumbeldor, ou de Luke. On annonce la fin des guerres du monde magique. Et surtout, on annonce la fin des symboles de ces problèmes. On espère que ces lieux qui ont été les quartiers généraux des rébellions et des conflits n'existant plus, les conflits disparaissent également.

Nos héros sont tous réunis, ici, dans de petites barques, sur le Lac Noir. Un sorcier pour un sang-mêlé. Tout le monde a les yeux rivés sur l'école de Magie, qui explose. Tourelle après tourelle. Mur après mur. Vitrail après vitrail. Le soleil couchant, plus rougeoyant que jamais, pour seul arrière plan.
Quelques heures plus tôt, c'est au pied du pin de Thalia qu'ils étaient, alors que la Colonie des Sangs Mêlés si chérie de Chiron partait en fumée, brûlée par les flammes d'Héphaïstos lui-même. Et dans quelques heures, ils seront à San Francisco, pour terminer avec ces lieux qui sont peut-être un peu maudis, et noyer sous les flots de Neptune le Camp de Jupiter.




You're just as sain as I am.
 
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Lyle A. Darling
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« Sorcier »
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Humeur : « Forgive me. »

MessageSujet: Re: Il était une fin.   Ven 2 Mai - 11:50

« Lights they blind me for forgiveness. »


Let's finish the way we started it, together.


Poudlard était là, dressée, vaillante comme toujours, dans la lueur du jour. Fière et puissante, comme d'antan, l'école semblait presque tendre les bras aux centaines d'élèves qui montaient à bord des barques en bois, et qui s'éloignaient sur le Lac Noir.
Soudain, les vitres de la grande salle explosaient, là bas. Les flammes jaillirent, embrasant les lieux une dernière fois. Des grondements annoncèrent l'effondrement de la tour d'astronomie, qui s'écrasa sur une aile au Nord. La serre vint à se faire avaler par les flammes à son tour, tandis qu'un fracas grave traduisait la chute des escaliers. Cependant, face à ce chaos de destruction, Lyle se sentait paisible. Les barques lentement glissaient sur l'eau du lac noir, qui prenait alors le reflet rougeoyant et sombre des cendres et de la poussière qui se soulevaient à chaque nouveau Confringo jeté par les professeurs. L’école de sorcellerie s'effondrait, et était engloutie dans les abysses du monde. Les souvenirs, eux, allaient survivre pendant un temps. Mais avec le temps, ils fonderont à leur tour dans le néant, comme les corps des adolescents et jeunes adultes présents qui vont bien vieillir, mourir. Le bruissement des êtres du lac berçait le sorcier, qui ferma les yeux quelques instants, se couchant dans sa barque, ne faisant plus même attention aux murmures de ses camarades à côté de lui, ni même des explosions qui retentissaient en face. Il se laissa, tout comme Poudlard, couler et sombrer lentement. Et puis peu à peu, il se remémora quelques instants, doux, aigres, froids et chauds, qu'il avait vécu là-bas.
Poudlard avait été sa seule maison, à la mort de sa grand-mère, suite au rejet de ce qui lui avait servi de mère pendant une dizaine d'années. C'était là-bas qu'il avait vécu, plus des trois quarts de l'année, pendant sept ans. Et il y eut tant de premières fois. La première fois où il était tombé amoureux, puis la première fois où il eut le cœur brisé. La première fois où il eut des amis, des vrais, sur qui il a toujours pu compter. La première fois où il est mort, aussi. La première fois où il blessa, physiquement, moralement. La première fois où il pleura, par pure tristesse. Mais aussi la première fois où il vola sur un balai, où il comprit que sa place était dans ce monde de magie, et où il était bon, réellement bon.
Lyle avait bien grandit, depuis qu'il était entré à Serdaigle. Il a appris à grandir, à murir, à devenir un adulte. C'était bien ce qu'il était à présent, un adulte. Peu d'humains vivront ne serait-ce qu'un tiers de la vie du jeune homme, la plupart des sorciers le feront cependant. Voilà le monde auquel il appartenait. Une école partait en poussière. Mais le monde restait vaste. Il allait probablement faire carrière dans une branche du ministère, devenir journaliste, enquêter sur des faits étranges, voyager à travers le monde, découvrir et apprendre, jusqu'au jour de sa mort. Pourtant, Lyle ressentait un pincement dans son cœur, comme un sentiment de nostalgie qui lui serrait l'organe palpitant. Avec Poudlard allait probablement s'effondrer la plupart des amitiés qui y vivaient auparavant. Il ne se faisait pas d'illusions. Ils allaient tous entrer dans l'immense inconnu, et s'y perdre de vue progressivement. Luna, Cedric, Mary, Rachel, tous allaient disparaitre comme des ombres. Il y avait toujours les souvenirs, qui tenteront de sauver ces relations. Mais tôt ou tard, ils ne seront tous plus que des souvenirs. C'était bien triste, de voir exploser une école, un passé commun qui reliait tant de personnes entre elles. Mais la vie est ainsi faite. Au moins ils avaient fini ensemble ce qu'ils avaient tous débuté ensemble.
C'était à la tour de Gryffondor de s'abattre sur la grande salle, dont les vitraux n'étaient plus que des fenêtres ouvertes aux flammes. Et même dans sa chute, la maison Gryffondor avait su garder sa fierté insupportable, provocant un fracas énorme en éparpillant ses briques tout autour. Un cri abominable provint des serres lorsque les mandragores se réveillèrent. Puis, le calme revint. Les dernières paroles de ces plantes avaient été à leur effigie : une véritable douleur pour les oreilles. Lyle était ravi que ces monstruosités étaient maintenant cendres.
Poudlard avait elle-même était la source de bien des douleurs, des peines, et des monstres. Des cicatrices étaient encore présentes sur son corps, une longue qui courrait tout le long de son avant-bras, une autre plus fine en travers de sa cuisse. Lyle avait été une victime, et un monstre. Sa propre victime, son propre monstre. La victime des autres, le monstre des autres. Et il était plutôt soulagé de voir cette période de sa vie brûler sous les coups de Confringo. La tour de Serdaigle partit, en silence, dans un élan de modestie inhabituel. Néanmoins, la grande sagesse de la maison avait dû aider le jeune sorcier à faire disparaitre ses vices d'antan sans trop de spectacle. C'était une fin gracieuse, belle, une fin discrète.
Le lac fut momentanément mouvementé. Le calmar géant apparut brièvement, s'enfuyant vers l'Ouest. Quelques élèves de Serpentard le saluèrent, une larme à l’œil. On put l'entendre lancer un gémissement d'adieu, alors qu'il repartait sous l'eau, une dernière fois avant de disparaitre. Les barques furent violentées par les vagues. La salle commune des serpents devait à son tour exploser, et être engloutie par les eaux. Bientôt, c'étaient les cachots entiers qui allaient être submergés. Après les flammes et la terre, le lac s'emparait de l'école. Et le vent fit son apparition lorsqu'un ciel orageux couvrit les têtes des sorciers. Des bourrasques violentes et pluvieuses balayèrent leurs pleurs, tandis que le tonnerre déchirait leurs cœurs. "Un cœur brisé, ça se recolle." pensa Lyle, un sourire moqueur aux lèvres. Il ouvrit ses yeux et contempla les éclairs fendre l'étendue céleste sombre. Les orages l'avaient toujours apaisé, il était bercé par le bruit du chaos et de la foudre. Ainsi avait été sa vie. Et la voilà qui s'envolait, tordait le ciel avant de mourir. Lyle avait grandit, il était un adulte à présent. Il avait changé.
Le jeune homme se redressa, se débarrassa de sa cravate bleue qui l'étranglait alors. Il la jeta à l'eau. Il ne restait plus rien de l'école, tout comme il ne restait pas grand chose des anciens vices du sorcier. Lyle n'avait plus rien d'un briseur de cœurs arrogant, d'un dépravé sexuel qui ne pensait qu'à se taper des mecs pour assouvir ses désirs et enfouir son mal-être, ni même ce sorcier orgueilleux qui pensait être au dessus de tous et qui menait des plans de guerre qui conduisaient à la mort de dizaines de "vulgaires pions". Lyle avait changé. Il n'avait plus rien d'un ciel orageux.
Les derniers vestiges de l'école explosèrent, dans le feu, les larmes, l'eau qui faisait surface, le vent qui soulevait la poussière, les débris qui tombaient, dégringolaient, cassaient tous. Il n'y avait plus rien. Tout était fini. Et tout allait recommencer, encore. Ailleurs, d'une autre manière, mais ce n'était pas une fin pour tout. Le ciel perdit ses teintes de destruction, et le calme revint sur le lac. Une lueur perça les nuages grisâtres, et le reflet sur l'eau prit des airs dorés. Le sorcier sourit. Il n'y avait plus rien d'un ciel orageux. Les barques s'éloignèrent. Ils venaient de dire au revoir à Poudlard, un lieu cher dans leurs cœurs à tous. Les barques s'éloignèrent. Ils allaient vers une nouvelle vie, un début où le mal n'existait plus. Ce premier mai mettait un terme au règne du Seigneur des Ténèbres, des Dieux mauvais, des Titans, de la Mort. Tout était fini, et tout ne faisait que commencer. Le sorcier sourit. Il bascula en arrière, retrouva sa position couchée, dans le fond de la barque, et lentement il ferma les yeux. Le soleil se couchait, les orangés crépusculaires chauds et tendres accompagnèrent les dernières barques, vers l'horizon, loin des ruines d'antan.
Avec la chute de l'école, prison de ses souvenirs, et par la même occasion de tous les événements malsains qui s'y étaient déroulés, Lyle avait eu ce qu'il cherchait depuis tant d'années. Il laissa ses paupières se clore alors que Morphée de ses bras doux s'empara de son corps lourd, dans une étreinte paisible, une sérénité qu'il n'avait jamais trouvé.
Il obtint le pardon.
 
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